Depuis le 3 avril, la ville de Kara résonne au rythme des percussions, des pas ancestraux et des chants rituels. La 8ᵉ édition du Festival national des danses traditionnelles (FESNAD) y a pris ses quartiers, rassemblant artistes, communautés et curieux autour du thème évocateur : « Nos danses, notre identité, notre fierté ». Un slogan fort, qui sonne comme un manifeste face aux défis de la mondialisation culturelle.
Une scène vivante pour le patrimoine chorégraphique
Porté par le ministère de la Communication, des Médias et de la Culture, le FESNAD se veut bien plus qu’un simple événement festif. Il incarne une volonté politique affirmée : celle de faire des danses traditionnelles un pilier de la mémoire collective togolaise. À l’ouverture du festival, le gouverneur de la région de la Kara, Adjitowou Komlan, a rappelé avec conviction : « Les danses traditionnelles ne sont pas seulement un spectacle, elles cimentent les communautés, renforcent les solidarités et perpétuent notre héritage collectif. »
Tradition, compétition et transmission
Grande nouveauté de cette édition : une compétition interrégionale inédite. Après des sélections locales rigoureuses, les troupes finalistes se retrouveront à Lomé le 26 avril, jour symbolique du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo. L’enjeu dépasse la simple récompense artistique : il s’agit de stimuler la créativité tout en sauvegardant des répertoires menacés, parfois oubliés dans les villages les plus isolés. Face à l’érosion des rituels communautaires et à l’uniformisation des pratiques culturelles, le festival prend ainsi la forme d’un acte de résistance.
Une danse pour tous, une nation en mouvement
Le FESNAD est aussi un outil d’unité. Il réunit sur une même scène des artistes de toutes origines, transcendant les clivages générationnels et ethniques. Dans un pays riche de sa diversité, la danse devient langage commun, espace de reconnaissance mutuelle et de fierté partagée. Les gestes transmis de génération en génération, les rythmes qui racontent l’histoire des peuples, redeviennent visibles, audibles, tangibles.
Dans un monde où les cultures s’effacent souvent derrière les standards globaux, le Togo fait un choix affirmé : celui de la transmission. Rendez-vous est donc donné à Lomé, où se jouera non seulement une finale artistique, mais aussi un moment rare de communion nationale, porté par la force symbolique et universelle du mouvement.
La Rédaction

