Chaque année, les mêmes mois exposent une contradiction difficile à résoudre : les besoins en produits sanguins augmentent alors que les donneurs se font moins nombreux. Confronté à cette tension entre mai et septembre, le Togo cherche désormais à agir aux deux extrémités du système : maintenir les dons et raccourcir le parcours du sang jusqu’aux patients.
La période est particulièrement sensible pour les structures sanitaires. La recrudescence du paludisme contribue à accroître les besoins transfusionnels, tandis que les examens puis les vacances scolaires et universitaires réduisent une partie des collectes habituellement réalisées auprès des jeunes.
Cette saisonnalité transforme la disponibilité du sang en équilibre précaire. Une mobilisation ponctuelle peut reconstituer les stocks, mais elle ne suffit pas nécessairement à empêcher le problème de réapparaître.
Quand le calendrier fragilise les réserves
Face aux tensions actuelles, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a multiplié les appels aux donneurs, notamment avec la campagne « Août solidaire ». Les autorités font état d’une réponse importante de la population ces derniers jours.
Dans un communiqué daté du 18 août, le ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, appelle à maintenir cet effort. L’enjeu consiste précisément à éviter que la mobilisation ne retombe une fois passée l’urgence immédiate.
La question dépasse donc le nombre de poches collectées au cours d’une campagne. Pour sécuriser durablement l’approvisionnement, le système transfusionnel doit pouvoir compter sur une base de donneurs suffisamment régulière pour absorber les périodes où la demande s’accélère.
Rapprocher le sang du patient
Une autre évolution se prépare en aval. Le ministère annonce une réorganisation progressive de la distribution : les produits sanguins devront être délivrés prioritairement aux patients par les banques de sang des établissements sanitaires.
Ce changement peut paraître logistique, mais il touche directement les familles. Jusqu’ici, certains proches doivent se déplacer vers le CNTS pour obtenir les produits nécessaires à un malade. Le nouveau circuit doit rapprocher la délivrance du lieu de prise en charge et réduire ces démarches dans des situations où le temps peut être déterminant.
Les autorités annoncent parallèlement une amélioration des conditions d’accueil et de l’accès aux sites de prélèvement.
La réponse à la pénurie se joue ainsi sur l’ensemble du parcours transfusionnel. Le défi n’est pas uniquement de convaincre davantage de Togolais de tendre le bras : il est aussi de construire une chaîne capable de disposer du sang au bon moment et de l’acheminer jusqu’au malade sans ajouter un obstacle supplémentaire à l’urgence médicale.
La Rédaction

