Trois mois après leur annonce fracassante de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), le Mali, le Niger et le Burkina Faso n’ont toujours pas formalisé leur démarche. La notification officielle auprès de l’ONU, indispensable pour rendre cette décision juridiquement valide, n’a pas encore été envoyée, laissant planer le doute sur la réelle volonté des pays du Sahel.
Une déclaration forte mais symbolique
Le 22 septembre 2025, les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) avaient dénoncé la CPI comme un « instrument de répression néocoloniale » et proclamé leur retrait « avec effet immédiat ». Cette annonce avait suscité un large écho médiatique et semblait marquer un tournant politique majeur pour la région.
Retrait officiel : la formalisation qui manque
Pour que le retrait devienne juridiquement effectif, chaque pays doit notifier le Secrétaire général des Nations unies, conformément à l’article 127 du Statut de Rome. Le retrait ne prend effet qu’un an après cette notification. Sans cette formalisation, les trois pays restent techniquement liés à la CPI et responsables pour tout crime commis avant la date d’un retrait officiel.
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Retard administratif ou stratégie politique ?
L’absence de notification formelle peut refléter un retard administratif, lié aux contraintes internes ou aux procédures complexes. Elle peut également représenter un message politique, destiné à afficher une posture souverainiste tout en conservant une marge de manœuvre juridique. Dans tous les cas, le retrait reste symbolique pour l’instant, et la CPI conserve sa compétence sur les enquêtes en cours.
Conséquences pour la justice et les populations
Tant que le retrait n’est pas officialisé, la CPI peut poursuivre ses enquêtes et maintenir sa juridiction sur les crimes antérieurs. Les défenseurs des droits humains alertent sur le risque d’affaiblissement de la protection judiciaire dans le Sahel. La situation crée ainsi un équilibre instable entre message politique et obligations internationales, dont l’évolution reste à suivre de près.
La Rédaction

