Paul Kagame a reçu mardi à Kigali l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo pour une réunion stratégique autour des enjeux sécuritaires régionaux. Ce tête-à-tête intervient à un moment-clé : Kigali et Kinshasa viennent de poser un jalon historique vers la normalisation de leurs relations, sous l’égide des États-Unis.
La rencontre s’est tenue au village présidentiel d’Urugwiro, dans un climat diplomatique tendu mais porteur d’espoir. Le 20 juin dernier, un accord préliminaire de paix a été paraphé à Washington entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Trois jours de discussions techniques ont permis d’aboutir à ce texte soutenu par le Département d’État américain, qui a salué une « avancée majeure pour la stabilité des Grands Lacs ».
La signature officielle de l’accord est attendue le 27 juin, en présence du secrétaire d’État Marco Rubio et des ministres des Affaires étrangères des deux pays. L’initiative vise à instaurer un cessez-le-feu durable et à garantir la sécurisation des zones frontalières, théâtre d’affrontements depuis plusieurs années.
Olusegun Obasanjo, figure respectée de la diplomatie continentale, joue un rôle central dans ces pourparlers. Mandaté conjointement par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et l’Union africaine, il agit comme médiateur entre Kigali et Kinshasa, avec pour objectif de faire émerger un dialogue inclusif et une sortie pacifique de la crise.
La visite à Kigali confirme l’engagement de l’ancien dirigeant nigérian, déjà impliqué dans plusieurs processus de paix en Afrique. Pour le Rwanda, c’est aussi un signal : la voie de la diplomatie l’emporte, pour l’heure, sur les tensions armées.
La Rédaction

