Le sol rwandais livre un secret de taille. De premiers forages dans la province du Sud ont révélé des concentrations exceptionnelles de lithium, confirmant un potentiel minier qui pourrait bien changer la donne pour le pays. Le groupe britannique Aterian Plc, en partenariat avec Rio Tinto et Kinunga Mining Ltd, parle déjà de “découverte de classe mondiale”.
Une richesse enfouie sous les collines du Sud
Lancé en septembre 2024, le programme de forage a rapidement apporté des résultats prometteurs. L’un des échantillons les plus remarquables révèle une concentration de 3,2 % de lithium sur 3,5 mètres. Pour les experts, une teneur dépassant 1,5 % est déjà considérée comme de haute qualité.
Charles Bray, président exécutif d’Aterian Plc, ne cache pas son enthousiasme. Il compare cette performance aux meilleurs résultats mondiaux, notamment à ceux du projet Red Mountain (États-Unis) ou de Patriot Battery Metals (Canada). “Ce que nous voyons au Rwanda rivalise avec les plus grands”, assure-t-il.
Rio Tinto accélère
Encouragé par ces premiers résultats, Rio Tinto a décidé d’activer ses droits d’acquisition de 51 % dans le projet, conformément à l’accord de coentreprise signé en 2023. Une étape stratégique, alors que seuls 2 des 12 sites ciblés ont été explorés jusqu’ici. Sur l’un des forages les plus profonds – 174,6 mètres – les chercheurs ont identifié une section de 6,9 mètres contenant 2,11 % de lithium, dont un pic de 3,20 % sur 3,45 mètres.
La suite ? Une intensification des forages et une tentative de définir une estimation médiane des ressources disponibles.
Un projet d’envergure nationale
S’étendant sur 2 750 hectares, le permis d’exploration couvre 19 zones de pegmatite riches non seulement en lithium, mais aussi en césium et en tantale. Ces éléments sont cruciaux dans la fabrication des batteries pour voitures électriques, ordinateurs portables, téléphones, mais aussi dans les industries du verre et de la céramique.
En 2024, le secteur minier rwandais pesait déjà 3 % du PIB national, employant plus de 72 000 personnes. Avec des projections pouvant atteindre 150 milliards de dollars de potentiel de revenus, l’arrivée de lithium à haute teneur pourrait bien dynamiser l’ensemble de l’économie.
Vers une valeur ajoutée locale ?
Bray affirme que le projet sera développé avec un fort engagement local. L’objectif : impliquer les Rwandais à toutes les étapes, de l’exploration à l’industrialisation. Si le calendrier d’exploitation n’est pas encore fixé, l’ambition de faire du Rwanda un acteur stratégique dans la chaîne mondiale du lithium semble, elle, bel et bien enclenchée.
La Rédaction

