La Commission technique de gestion et de suivi ouvre officiellement la campagne de subvention pour l’exercice budgétaire. Face aux exigences accrues de la HAAC, l’accès aux fonds publics s’apparente désormais à un véritable test de conformité légale et opérationnelle pour les éditeurs.
Le compte à rebours est lancé pour les éditeurs et diffuseurs
Les patrons de presse togolais font face à une échéance cruciale. Les entreprises de presse écrite, les médias en ligne, ainsi que les diffuseurs audiovisuels privés (commerciaux et communautaires) disposent d’un calendrier resserré, culminant au 30 juin, pour formaliser leurs demandes de subvention de l’État.
Ce mécanisme de soutien, orchestré par la Commission technique de gestion et de suivi de l’aide de l’État à la presse (CTAEP), intervient dans un écosystème médiatique en pleine mutation structurelle. Pour l’autorité de régulation, l’enjeu dépasse le simple soutien financier conjoncturel : il s’agit d’un instrument d’assainissement visant à favoriser l’émergence de véritables entreprises de presse viables, résilientes et professionnalisées.
Les critères d’éligibilité : un filtre rigoureux contre la précarité éditoriale
L’octroi de l’enveloppe publique est assujetti à un cahier des charges strict, pensé pour valider la pérennité et la régularité des postulants. Les barres de contrôle se déclinent ainsi :
Ancrage légal et temporel : Les requérants doivent démontrer une existence légale et une activité ininterrompue d’au moins douze mois en amont de la date Pivot.
Continuité du signal audiovisuel : Pour les stations de radio et les chaînes de télévision, la grille de diffusion doit attester d’une émission continue sur l’ensemble de la période de référence réglementaire.
Densité numérique : Les pure players (médias exclusivement numériques) sont soumis à des obligations d’animation éditoriale quotidienne ou de flux de streaming permanent, disqualifiant de facto les plateformes fantômes ou intermittentes.
Cet arsenal de critères agit comme un mécanisme de sélection naturelle, garantissant que les deniers publics soutiennent les structures dotées d’une réelle permanence éditoriale.
Une procédure centralisée sous le sceau de la transparence
Afin de garantir l’équité de traitement et la traçabilité des flux financiers, le circuit de dépôt des dossiers a été centralisé. Les candidatures doivent être transmises directement au secrétariat général de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC).
Les spécifications techniques ainsi que les pièces administratives et comptables requises ont fait l’objet d’une publication officielle, consultable dans les colonnes du quotidien national Togo Presseainsi que sur l’écosystème numérique de la HAAC.
Un baromètre de la santé des médias privés
Lors de la précédente campagne budgétaire, 156 organes de presse privée avaient franchi avec succès les mailles du filet réglementaire pour bénéficier de l’aide étatique. Ce chiffre témoigne de la dépendance de nombreux titres à ce guichet public, mais aussi de l’impact structurant de la subvention sur le pluralisme de l’information au Togo.
Dans un contexte de contraction des revenus publicitaires traditionnels, le respect de l’échéance du 30 juin s’impose comme un impératif vital pour la trésorerie des principaux acteurs du secteur.
La Rédaction
Source : Secrétariat général de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) / Commission technique de gestion et de suivi (CTAEP).

