Face à un trafic aux enjeux sanitaires et sécuritaires, les autorités optent pour une approche coordonnée et multisectorielle
Le Togo renforce son arsenal contre le commerce illicite du tabac. Réunis à Tsévié, les acteurs institutionnels ont validé une nouvelle feuille de route couvrant la période 2026-2030, avec pour objectif de structurer une réponse plus efficace face à un phénomène aux ramifications multiples.
Une stratégie nationale pour structurer la riposte
Le pays franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le commerce illicite du tabac. La feuille de route 2026-2030, validée en fin de semaine écoulée à Tsévié, vise à renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de répression face à un phénomène en constante mutation.
Élaboré à l’issue d’une mission d’évaluation, le document entend combler les failles du dispositif existant en articulant plusieurs leviers d’action autour d’une approche intégrée.
Contrôle, traçabilité et cadre juridique au cœur du dispositif
Le plan stratégique repose sur plusieurs axes prioritaires, notamment le renforcement du contrôle aux frontières, l’amélioration de la traçabilité des produits du tabac et la consolidation du cadre juridique.
L’objectif est de limiter la circulation des produits illicites, souvent introduits via des circuits informels, tout en renforçant les capacités d’intervention des institutions en charge de la régulation.
Une mobilisation multisectorielle assumée
Les travaux de validation ont réuni un large éventail d’acteurs issus des secteurs de la santé, de la sécurité, de la justice, des douanes et de la société civile. Cette diversité traduit la volonté des autorités de privilégier une réponse coordonnée face à un phénomène transversal.
Pour les responsables du Programme national des addictions aux produits psychoactifs, seule une action concertée permettra d’améliorer durablement l’efficacité des politiques publiques en la matière.
Un enjeu à la fois sanitaire, économique et sécuritaire
Le commerce illicite du tabac ne se limite pas à une problématique de santé publique. Il favorise l’accès facilité aux produits, notamment chez les jeunes, tout en entraînant des pertes fiscales significatives pour l’État.
Selon le Professeur Balaka Abago, coordonnateur du PNAPP, ce trafic alimente également des réseaux criminels, renforçant ainsi sa dimension sécuritaire.
Une consommation en recul, mais des signaux à surveiller
Au Togo, la prévalence du tabagisme est en baisse, passant de 8,5 % en 2010 à 5 % en 2021. Une évolution positive qui masque toutefois des dynamiques contrastées.
La consommation reste élevée chez les hommes et tend à progresser chez les jeunes, en particulier dans les zones urbaines, ce qui justifie le renforcement des actions de prévention et de contrôle.
Avec cette feuille de route 2026-2030, le Togo cherche à structurer une réponse plus robuste face au commerce illicite du tabac. Entre enjeux de santé publique, pertes économiques et risques sécuritaires, la réussite de cette stratégie reposera sur la capacité des acteurs à maintenir une coordination effective sur le long terme.
La Rédaction

