Face à la persistance des combats malgré les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha, Félix Tshisekedi sollicite désormais l’appui de Vladimir Poutine. Le président congolais mise sur le poids de la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies pour obtenir l’application des résolutions internationales et soutenir le maintien de la MONUSCO. Une démarche qui traduit la volonté de Kinshasa d’élargir ses soutiens diplomatiques.
En République démocratique du Congo, les accords diplomatiques peinent toujours à produire des résultats sur le terrain. C’est dans ce contexte que Félix Tshisekedi a rencontré Vladimir Poutine, le 30 octobre au Kremlin, à l’issue du troisième Sommet Russie–Afrique. Au cœur de leurs échanges : la recherche d’une issue au conflit dans l’Est congolais.
Pour Kinshasa, l’intérêt de Moscou tient notamment à son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, où se décident les principales mesures internationales concernant la crise.
Washington et Doha, des médiations encore insuffisantes
Félix Tshisekedi a reconnu l’existence des processus diplomatiques engagés sous médiation américaine et qatarie, tout en déplorant l’absence de progrès décisifs sur le terrain.
Les affrontements persistent entre les forces congolaises et l’AFC/M23, soutenu militairement par le Rwanda selon les experts des Nations unies. Kigali conteste ces accusations.
Le président congolais demande notamment l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation du soutien au M23.
La MONUSCO, autre enjeu du rapprochement
L’avenir de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC constitue une deuxième priorité.
Son mandat arrivant à expiration le 20 décembre, Kinshasa souhaite obtenir le soutien russe à son renouvellement. Moscou dispose, en tant que membre permanent, d’un pouvoir de veto sur les décisions du Conseil de sécurité.
Cette démarche ne signifie pas l’abandon des médiations existantes. Elle vise plutôt à mobiliser davantage d’acteurs influents autour des engagements déjà pris.
Une diplomatie qui cherche de nouveaux appuis
La rencontre s’inscrit également dans la volonté congolaise de diversifier ses partenariats internationaux, notamment dans les domaines économiques et technologiques.
Mais aucun engagement russe nouveau concernant une médiation directe n’a été publiquement confirmé à l’issue de l’entretien.
Pour Kinshasa, le véritable enjeu sera donc de transformer cette ouverture diplomatique en soutien concret aux mécanismes de paix, alors que les populations de l’Est attendent toujours une diminution effective des violences.
La Rédaction

