Kinshasa — En seulement trois mois, l’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo a franchi un seuil que le pays n’avait encore jamais atteint. Avec 2 325 morts sur 4 945 cas confirmés au 16 août, elle dépasse désormais le bilan de la flambée de 2018-2020, jusqu’ici la plus meurtrière de l’histoire congolaise.
Déclarée officiellement le 15 mai 2026, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC a progressé à une vitesse exceptionnelle. Le précédent épisode le plus meurtrier, entre 2018 et 2020, avait fait 2 299 morts. Le seuil a donc été dépassé en l’espace de trois mois seulement.
La situation est d’autant plus préoccupante que la hausse reste rapide. Le 11 août, les autorités faisaient encore état de 4 381 cas confirmés et 2 011 décès. Cinq jours plus tard, le bilan atteignait 4 945 contaminations confirmées et 2 325 morts.
Une souche sans vaccin homologué
L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une forme d’Ebolavirus pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué. Des candidats vaccins et traitements sont cependant en cours d’évaluation.
Cette absence d’outil médical spécifique pèse lourdement sur la riposte. Le taux de létalité des cas confirmés approche désormais 47 %. Les spécialistes mettent toutefois en avant les retards de diagnostic et de prise en charge plutôt qu’une augmentation démontrée de la virulence du virus.
La flambée touche principalement l’est et le nord-est du pays, dans des régions confrontées à l’insécurité, aux déplacements de population et à des infrastructures sanitaires fragiles. L’OMS souligne également les difficultés de surveillance et de suivi des contacts dans un contexte où les mouvements de population sont importants.
Une épidémie qui gagne du terrain
Fin juillet, l’OMS recensait déjà 3 605 cas confirmés et 1 587 décès dans cinq provinces. Depuis, une sixième province a été touchée, confirmant la poursuite de l’expansion géographique de l’épidémie.
La RDC reste de très loin le principal foyer, mais le virus a également atteint l’Ouganda. L’OMS a classé cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale, estimant qu’une coordination renforcée entre les pays était nécessaire pour limiter le risque de propagation régionale.
Le défi est désormais double : ralentir rapidement les contaminations et réduire une mortalité qui continue de progresser à un rythme exceptionnel. En devenant, en trois mois seulement, l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais connue par la RDC, cette flambée montre surtout à quel point le virus a pris de vitesse les capacités de détection et de réponse.
La Rédaction

