La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, après avoir conclu un cessez-le-feu en août, viennent d’approuver un document stratégique visant à structurer le processus de paix dans l’est de la RDC. Cette initiative est portée par la médiation angolaise, mandatée par l’Union africaine.
Depuis fin 2021, l’est de la RDC fait face à une recrudescence des violences orchestrées par le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion soutenue par Kigali selon Kinshasa. Le groupe armé s’est emparé de larges portions de territoires, infligeant des revers aux Forces armées congolaises (FARDC) et à leurs alliés.
Bien que le cessez-le-feu ait permis de stabiliser les lignes de front, les affrontements sporadiques se poursuivent. Lundi, les chefs de la diplomatie congolaise et rwandaise se sont réunis pour valider le « Concept d’opérations » (CONOPS), un cadre opérationnel destiné à organiser le retrait des troupes rwandaises stationnées en RDC et à fixer les modalités des futures actions communes.
Le CONOPS, document militaire servant à planifier les étapes et les moyens d’une opération, sera le pilier de la mise en œuvre d’un plan global pour rétablir la paix entre ces deux nations voisines. Une version préliminaire de ce plan avait déjà été rédigée en août. Elle conditionnait notamment le retrait des soldats rwandais à la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ce groupe armé, composé d’anciens responsables du génocide des Tutsi en 1994, est perçu par Kigali comme une menace sécuritaire directe.
Actuellement, les FDLR combattent aux côtés des FARDC contre le M23, s’inscrivant dans un paysage complexe où de multiples milices prolifèrent. Les détails sur la mise en œuvre effective du CONOPS restent, pour l’instant, confidentiels.
Malgré des violations signalées du cessez-le-feu, le dialogue reste ouvert entre Kinshasa et Kigali. En novembre, les deux pays ont mis en place un comité chargé de surveiller le respect des engagements pris, sous la supervision de l’Angola. Ce mécanisme représente une avancée vers une paix durable, bien que de nombreux défis restent à relever.
La rédaction

