L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est arrivé à Goma ce vendredi 18 avril, confirmant ainsi son retour sur la scène nationale après des mois de retrait à l’étranger. Selon plusieurs sources proches de l’AFC/M23 et de son entourage, son arrivée s’est faite via Kigali, la capitale rwandaise, ajoutant une dimension sensible à un déplacement déjà lourd de significations.
Officiellement installé entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud depuis l’année dernière, Kabila avait annoncé son retour en RDC le 8 avril dans un message réservé à certains médias, dont RFI. Depuis, son agenda reste flou, son silence calculé. Aucun détail n’a été communiqué sur les raisons exactes de sa venue à Goma, une ville marquée par les affrontements entre les forces congolaises et la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda.
Un retour au timing troublant
La venue de Joseph Kabila à Goma, dans un contexte de grande tension dans l’est du pays, intrigue. Elle soulève de nombreuses questions : s’agit-il d’un simple déplacement privé ou d’un signal politique ? Faut-il y voir un positionnement en vue d’un retour sur le devant de la scène, alors que la question de la succession politique se profile déjà pour 2028 ? Le fait qu’il ait transité par Kigali n’est pas anodin, compte tenu des accusations portées par Kinshasa à l’égard du Rwanda et du rôle controversé de ce dernier dans le conflit au Nord-Kivu.
Kabila, arbitre ou acteur ?
Durant son long silence, Joseph Kabila s’est présenté comme un homme en retrait, soucieux de ne pas interférer dans les affaires de son successeur Félix Tshisekedi. Mais plusieurs analystes voient dans son retour à Goma une posture d’arbitre, voire de futur acteur, dans un paysage politique congolais en constante recomposition. Son influence reste intacte dans certaines régions, et son réseau au sein des forces de sécurité et des cercles économiques pourrait lui servir de levier en cas de recomposition.
Un climat de méfiance
Ce déplacement inattendu, avec une escale par Kigali et des confirmations issues de sources liées au M23, risque d’alimenter les soupçons à Kinshasa. L’absence de communication officielle autour de sa visite entretient un climat d’incertitude dans une région déjà fragilisée. Pour l’heure, aucune rencontre avec des autorités locales ou des figures de la société civile n’a été rendue publique.
Le retour de Joseph Kabila à Goma ne passe donc pas inaperçu. Il relance les spéculations sur ses ambitions futures, tout en rappelant que l’Est congolais, au-delà de ses blessures, demeure un épicentre de pouvoir et de tensions où chaque geste est scruté avec attention.
La Rédaction

