L’est de la République démocratique du Congo continue de s’enfoncer dans la guerre, et ses répliques secouent déjà l’Ouganda voisin. Depuis janvier, plus de 41 000 Congolais ont traversé la frontière pour fuir les violences, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ces arrivées s’ajoutent aux quelque 600 000 Congolais déjà présents sur le sol ougandais, dans un pays qui accueille au total près de 1,8 million de réfugiés. Le dispositif d’accueil, déjà à bout de souffle, est aujourd’hui menacé d’effondrement.
Un système débordé, affaibli par Washington
Dans les centres de transit comme celui de Nyakabande, conçu pour 7 000 personnes, on en compte aujourd’hui six fois plus. Les espaces d’accueil sont saturés, les zones d’enregistrement transformées en dortoirs de fortune, et les cuisines en abris de fortune. L’urgence est palpable : manque cruel d’eau, latrines insuffisantes, infrastructures sanitaires dépassées. À l’approche de la saison des pluies, le risque d’épidémies mortelles plane dangereusement sur ces milliers de personnes entassées.
Mais cette crise humanitaire prend un tournant plus brutal encore avec la réduction drastique de l’aide étrangère américaine. Depuis le gel des financements étrangers imposé par l’administration Trump, le budget santé du HCR en Ouganda pour 2025 a été amputé de 87 %. Conséquence directe : plus de 250 professionnels de santé licenciés, et plus de 520 000 réfugiés exposés à des maladies infectieuses faute de soins.
Une contagion régionale
Les violences en RDC débordent également vers d’autres voisins. Le Burundi, submergé par l’afflux de réfugiés, a fermé la semaine dernière le centre de transit de Rugombo, qui hébergeait 45 000 personnes. Là aussi, les conditions de vie sont décrites comme « intenables ». La guerre dans le Kivu ne se limite donc plus à des lignes de front : elle engendre un déplacement massif et une fragilisation structurelle des États voisins. L’Ouganda, pilier de l’accueil des déplacés dans la région, menace aujourd’hui de s’effondrer sous le poids de cette misère transfrontalière.
La Rédaction

