Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, une idée s’impose progressivement dans les politiques agricoles : augmenter les rendements ne suffit plus si la qualité nutritionnelle des aliments ne suit pas.
C’est sur ce constat qu’a été construite une nouvelle initiative régionale portée par le CORAF, réseau qui fédère les systèmes nationaux de recherche agricole de 23 pays.
Un changement de paradigme dans les politiques agricoles
L’approche défendue par cette stratégie marque un déplacement important des priorités : il ne s’agit plus uniquement de produire davantage, mais de produire des aliments capables de répondre aux besoins nutritionnels des populations.
Le programme s’étale sur cinq ans et vise à intégrer la nutrition au cœur des innovations agricoles, à travers la diffusion de technologies adaptées et de pratiques améliorées dans les systèmes de production.
Une réponse à un triple défi nutritionnel
L’Afrique de l’Ouest et du Centre fait face à une situation alimentaire complexe, caractérisée par trois dynamiques simultanées : la persistance des carences nutritionnelles, la progression de l’obésité et la montée des maladies non transmissibles liées à l’alimentation.
C’est ce « triple fardeau » que la nouvelle stratégie cherche à adresser en agissant directement sur la qualité des produits agricoles disponibles sur les marchés.
Le rôle central de la recherche agricole togolaise
Au Togo, la mise en œuvre de ce programme est confiée à l’ITRA, structure nationale de recherche agronomique.
Son directeur général, Lardja Douti, insiste sur la portée de cette orientation : l’objectif dépasse la simple augmentation de la production ou des revenus agricoles. Il s’agit de repenser les systèmes de culture pour qu’ils contribuent directement à l’amélioration de l’état nutritionnel des populations.
Vers une agriculture plus intégrée et plus qualitative
Cette nouvelle orientation traduit une évolution plus large des politiques agricoles en Afrique : l’agriculture n’est plus seulement perçue comme un levier économique, mais aussi comme un déterminant majeur de santé publique.
En intégrant la nutrition dans les stratégies de recherche et d’innovation, les pays concernés cherchent à établir un lien plus direct entre production agricole, alimentation et bien-être des populations.
La Rédaction

