Le Togo clôt sa participation au sommet de Séville en appelant à une transformation structurelle de l’ordre économique mondial
La quatrième Conférence internationale sur le financement du développement s’est achevée hier à Séville, sur fond d’appels croissants pour une réforme globale des institutions financières internationales. Le Togo, représenté par son ministre des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya, y a tenu une position de principe forte et sans ambages : le statu quo n’est plus tenable.
Par la voix de son émissaire, le président Faure Gnassingbé a transmis un message de clarté : les pays en développement ne peuvent plus avancer sous le poids d’un système financier mondial conçu à une autre époque. Sani Yaya a défendu une refonte « équitable, inclusive et courageuse » des règles du jeu économique mondial.
Des finances mondiales à bout de souffle
Pour le Togo, le contexte international est alarmant : une dette extérieure qui étrangle les économies africaines, des impacts climatiques de plus en plus rudes, et une architecture de financement qui marginalise les pays du Sud. À Séville, Lomé a réaffirmé l’urgence d’un mécanisme multilatéral pour la restructuration de la dette, s’appuyant sur les résolutions de la Conférence de l’Union africaine tenue à Lomé en mai dernier.
Donner du pouvoir aux pays du Sud
Le plaidoyer togolais ne s’est pas limité à la dette. Il a mis en lumière la nécessité de revoir les critères de notation financière, souvent défavorables à l’Afrique. « L’évaluation du risque africain est trop souvent biaisée et décourage les investissements », a martelé Sani Yaya. Il a aussi plaidé pour une gouvernance plus équitable au sein du FMI et de la Banque mondiale, avec une représentation accrue des pays africains dans les instances décisionnelles.
Le Togo a également appelé à des financements innovants : hybridation des outils autour des droits de tirage spéciaux (DTS), soutien massif à la ZLECAf, et adoption rapide d’une convention fiscale internationale sous l’égide des Nations Unies pour lutter contre les flux illicites.
Urgence climatique, exigence d’équité
Sur la question environnementale, le Togo a dénoncé l’injustice climatique dont l’Afrique est victime. Sani Yaya a exigé des engagements concrets pour un accès facilité aux financements climatiques, notamment pour l’adaptation. Il a condamné les conditionnalités jugées « contre-productives » imposées par certains bailleurs.
Une sortie de conférence en appel à l’action
En clôturant sa participation, le Togo a exhorté la communauté internationale à passer des intentions aux actes. « Ce sommet ne doit pas être un rendez-vous de plus. Il doit amorcer une bascule historique vers un modèle plus équilibré, plus solidaire, plus humain », a conclu le ministre.
Le message de Lomé, porté avec lucidité et fermeté, s’inscrit dans une dynamique de leadership africain assumé sur les enjeux globaux.
La Rédaction

