Dans l’archipel des Philippines, les habitants de l’île de Siargao, encore marqués par le passage du typhon Odette en 2021, font face à des déplacements forcés qui mettent en péril leurs droits fondamentaux, notamment ceux des personnes handicapées. Le gouvernement a entrepris de reloger les communautés touchées vers des sites jugés plus sûrs, mais sans consultations adéquates ni informations accessibles, contrevenant aux standards internationaux de protection des personnes déplacées.
Des relogements précipités et mal planifiés
Human Rights Watch, qui a mené des enquêtes entre mai et septembre 2025 auprès de 48 personnes, dont 25 handicapées, a constaté des manquements graves. Les municipalités de San Isidro et Pilar ont déplacé plusieurs familles vers des zones inondables ou difficiles d’accès, privant les habitants d’eau potable, d’accès aux rivières et aux services communautaires. Les personnes handicapées sont particulièrement vulnérables face à ces conditions, exposées à des risques de blessures et d’isolement.
Le rôle des catastrophes et du changement climatique
Le typhon Odette, connu internationalement sous le nom de Rai, a détruit des maisons, coûté des centaines de vies et déplacé des milliers de personnes. Selon les Nations Unies, les tempêtes aux Philippines ont déjà déraciné plus de 43,8 millions de personnes au cours de la dernière décennie. Les scientifiques soulignent que le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité de ces catastrophes, rendant la planification de relogements adaptés encore plus urgente.
Des solutions fondées sur les droits humains
Les Principes directeurs des Nations Unies sur le déplacement interne préconisent trois solutions durables : le retour sécurisé dans sa région d’origine, l’intégration locale ou la réinstallation planifiée dans un site approprié. La réinstallation doit rester un dernier recours et être conduite avec la participation active des communautés concernées. Les habitants de Siargao ont souvent reconstruit leurs maisons dans des zones interdites à la construction, faute d’alternatives sûres, illustrant l’urgence de solutions inclusives.
Des efforts pour corriger les erreurs passées
Le maire de Del Carmen, Alfredo Coro, a reconnu le manque de consultation des habitants et s’est engagé à rendre le projet de réinstallation plus inclusif, notamment pour les personnes handicapées. Si ce modèle fonctionne, il pourrait inspirer d’autres municipalités aux Philippines et dans les 77 pays confrontés à des déplacements liés aux catastrophes climatiques.
Le déracinement climatique exacerbe les inégalités existantes et menace la vie, les moyens de subsistance et l’identité des communautés vulnérables. Garantir la participation active des habitants et des personnes handicapées est essentiel pour créer des solutions durables et respectueuses des droits humains, tout en renforçant la résilience face aux catastrophes futures.
La Rédaction

