À Bassar, la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées a atteint 97 % de couverture. Derrière ce résultat élevé, l’enjeu ne tient pas seulement au nombre de moustiquaires remises, mais à la capacité d’une organisation locale à faire fonctionner, dans un temps limité, toute une chaîne logistique, administrative et communautaire.
Le bilan présenté le 12 août par le Comité local d’organisation montre que les principaux sites de distribution ont dépassé 94 % de couverture. Le Centre hospitalier préfectoral de Bassar et le CMS de Kabou ont enregistré 94,9 %, tandis que l’unité de soins périphériques de Manga a atteint 94,3 %.
Au total, 1 039 moustiquaires restent disponibles pour les ménages déjà enregistrés qui n’ont pas encore pu effectuer leur retrait.
Une campagne de masse ne se joue pas seulement sur les stocks
Le résultat obtenu repose sur plusieurs facteurs : préparation des opérations, mobilisation des autorités préfectorales, déploiement des sites de distribution et supervision continue.
Mais la campagne a également révélé les fragilités d’un dispositif qui doit gérer simultanément les bénéficiaires, les outils de suivi, les déplacements et les contraintes du terrain. Dysfonctionnements des scanners, difficultés liées au logiciel, pertes de coupons, absence de certains ménages et accès compliqué à plusieurs localités ont ralenti les opérations.
Ces incidents montrent qu’une campagne sanitaire de grande ampleur dépend moins d’un seul facteur que de la solidité de toute la chaîne.
L’organisation comme premier levier de performance
Le point focal paludisme, Dr Kpekpassi Kamal, a assuré que des dispositions sont prises pour permettre aux ménages concernés de récupérer les moustiquaires restantes.
Les responsables locaux ont également insisté sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation et d’améliorer les prochaines opérations.
À Bassar, le taux de 97 % peut ainsi être lu comme un indicateur de couverture, mais aussi comme un test de capacité opérationnelle. Car en santé publique, la disponibilité des moyens ne suffit pas : leur efficacité dépend de la manière dont ils sont coordonnés, acheminés et mis à disposition des populations.
Le bilan de la campagne ne se résume donc pas à une performance statistique. Il met en lumière une réalité plus large : lorsqu’une intervention sanitaire vise presque toute une population, la qualité de l’organisation devient elle-même un outil de prévention.
La Rédaction

