L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté Washington à revenir sur sa décision de suspendre le financement de programmes de lutte contre le VIH/sida dans les pays en développement. Ce gel budgétaire, qui affecte notamment le Plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida (Pepfar), met en danger l’accès aux traitements pour des millions de personnes et fait craindre une résurgence de l’épidémie.
Un coup d’arrêt brutal pour la lutte contre le VIH
Depuis son lancement en 2003, le programme Pepfar a sauvé des millions de vies en fournissant des traitements antirétroviraux et en renforçant les systèmes de santé dans les pays les plus touchés par l’épidémie. Aujourd’hui, près de 30 millions de patients bénéficient de ces soins à travers le monde. Mais la suspension des financements américains menace directement ces avancées.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé sa « profonde inquiétude » face aux répercussions de cette décision et a appelé les États-Unis à accorder des exemptions supplémentaires pour garantir la continuité des soins.
Une décision à forte portée politique
Cette suspension budgétaire s’inscrit dans un contexte politique tendu aux États-Unis. Déjà sous l’administration Trump, des restrictions avaient été imposées sur certains financements de santé mondiale. Aujourd’hui, alors que le Congrès réoriente les priorités budgétaires américaines, l’aide humanitaire est de plus en plus remise en question.
Seuls quelques domaines, comme l’aide alimentaire d’urgence et le soutien militaire à Israël et à l’Égypte, restent épargnés par ces coupes budgétaires. Le secrétaire d’État Marco Rubio a évoqué la possibilité d’exemptions supplémentaires, mais sans garantie pour la pérennité des programmes anti-sida.
Un risque de catastrophe sanitaire
Les experts de la santé et les organisations de lutte contre le VIH/sida alertent sur les conséquences désastreuses d’une telle suspension. En 2023, 39 millions de personnes vivaient avec le VIH, et tout recul dans la prévention et l’accès aux traitements pourrait entraîner une flambée des infections et des décès.
En Afrique, où le Pepfar a permis de structurer des systèmes de santé dédiés à la lutte contre le VIH, l’arrêt des financements risque de provoquer un effondrement des services de prise en charge. Les associations locales préviennent que les populations les plus vulnérables, y compris les femmes et les enfants, seront les premières touchées.
Une mobilisation pour faire plier Washington
Face à la levée de boucliers de la communauté internationale, plusieurs gouvernements et organisations tentent de convaincre les États-Unis de revenir sur cette décision. Certains diplomates espèrent que la pression des experts de santé publique américains influencera la position de Washington.
Mais l’issue reste incertaine. À l’approche des élections présidentielles américaines, la politique d’aide internationale devient un sujet sensible. Pendant ce temps, des millions de patients risquent d’être privés de soins vitaux, faisant peser une menace grave sur les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH/sida.
La Rédaction

