La 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14) s’ouvre ce 26 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, dans un format étalé jusqu’au 29 mars et placé sous haute attente diplomatique. Des ministres venus du monde entier doivent y examiner les déséquilibres du système commercial multilatéral et définir les orientations des travaux futurs de l’OMC.
La conférence est placée sous la présidence de Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre camerounais du Commerce. L’ouverture officielle, prévue à 10 heures, doit être marquée par des allocutions du président de la CM14, de la Directrice générale de l’OMC, des autorités du pays hôte ainsi que de plusieurs invités de haut niveau, dont des chefs d’État et de gouvernement.
Une séquence diplomatique structurée sur quatre jours
La première journée sera consacrée à une séance ministérielle de fond sur les principaux enjeux du système commercial mondial. Dès le lendemain, les travaux basculeront en format plus restreint, avec des groupes de discussion centrés sur la réforme de l’OMC, avant une séance plénière dédiée à cette même question en fin de journée.
Le troisième jour de la conférence s’ouvrira sur le dossier sensible du règlement des différends, avant une série de sessions ministérielles consacrées à des sujets structurants : subventions à la pêche, facilitation de l’investissement pour le développement, commerce électronique, moratoire sur certaines règles commerciales, ainsi que les questions liées à l’agriculture et au développement, notamment pour les pays les moins avancés.
La dernière journée débutera par une réunion des chefs de délégations au niveau ministériel, en préparation de la séance de clôture prévue à midi.
L’Afrique face à ses marges de négociation
Dans ce cadre multilatéral dense, les pays africains arrivent à Yaoundé avec la volonté de mieux structurer leurs positions communes. Une réunion préparatoire des ministres africains du commerce s’est tenue à Maputo, au Mozambique, en amont immédiat de l’ouverture, dans le but de rapprocher les points de vue sur les principaux dossiers.
Représenté notamment par le ministre délégué togolais chargé de la Promotion de l’investissement, Arthur Trimua, le continent cherche à consolider une ligne commune sur des questions centrales telles que l’industrialisation, la sécurité alimentaire, le commerce numérique et la réforme de l’OMC.
Un système commercial mondial sous pression de réforme
Avec environ 3 % du commerce mondial, l’Afrique continue de peser marginalement dans les échanges internationaux, un déséquilibre structurel qui nourrit depuis plusieurs années les appels à une réforme du système commercial multilatéral.
À Yaoundé, ces revendications devraient s’inscrire au cœur des discussions, dans un contexte où les États cherchent à adapter les règles du commerce mondial aux mutations économiques et technologiques.
Yaoundé au centre d’un tournant multilatéral
Au-delà des positions régionales, la CM14 doit surtout trancher sur l’avenir de plusieurs chantiers sensibles de l’OMC. Les déclarations ministérielles seront publiées dès le 26 mars sur le site officiel de l’organisation, au fil de l’ouverture des travaux.
Dans un contexte de tensions géoéconomiques persistantes, la conférence de Yaoundé s’annonce ainsi comme un test majeur pour la capacité du système commercial multilatéral à se réformer et à maintenir un cadre de négociation global.
La Rédaction

