Le gouvernement gabonais a récemment distribué 400 taxis à des citoyens en situation de chômage, avec pour objectif de les aider à devenir propriétaires de ces véhicules sous certaines conditions financières et éthiques. Ce programme vise à encourager l’auto-entrepreneuriat tout en répondant à la demande de transport public. Toutefois, à peine quelques jours après le lancement des véhicules à Libreville, des manquements aux règles ont été constatés.
« Grâce à Taxigab+, les jeunes Gabonais peuvent sortir du chômage et devenir leur propre patron en un an », a déclaré le gouvernement, déterminé à promouvoir cette initiative. Le programme prévoit que les bénéficiaires deviennent propriétaires de leur taxi après avoir remboursé les sommes dues sur une période de 30 mois. Pour être éligibles, les candidats doivent verser une caution de 1 100 000 CFA.
Serge Pambou, l’un des bénéficiaires, se réjouit de cette opportunité : « En travaillant pour des particuliers, j’ai réussi à épargner 800 000 francs CFA. Mes parents m’ont aidé à acquérir ce taxi. Je dois verser 20 000 CFA par jour jusqu’à ce que le véhicule me revienne entièrement », explique-t-il avec satisfaction après avoir signé le contrat avec les services de l’État.
Le projet, encore en phase de test, a un double objectif : professionnaliser le secteur du transport urbain et offrir aux bénéficiaires une chance de lancer une activité stable et lucrative. C’est ce qui a motivé la jeune Sambou à se lancer, après des débuts difficiles avec son mari Koumba dans le secteur : « Avec les chauffeurs, on avait beaucoup de problèmes. J’ai finalement décidé de conduire moi-même, malgré les réticences de mon mari. C’est en voyant les recettes que j’apportais chaque soir qu’il a fini par accepter. Dès que le programme “Un Gabonais, un taxi” a été annoncé, nous avons saisi l’occasion en puisant dans nos économies. Aujourd’hui, je suis reconnaissante pour cette opportunité », dit-elle, tout sourire.
Les conditions pour rejoindre le programme incluent être de nationalité gabonaise, âgé de 21 à 60 ans, détenir un permis de conduire de catégorie B, C ou D, et être inscrit au Pôle national de promotion de l’emploi.
Les Défis et Incidents du Programme
La Fédération gabonaise des syndicats de transports et assimilés (FEGASTA) émet des réserves sur la mise en œuvre de cette initiative, estimant qu’un recensement préalable des Gabonais intéressés aurait été nécessaire. Albert Bernard Bongo Essono, président de la FEGASTA, regrette : « Il aurait fallu recenser les Gabonais de 21 à 60 ans pour établir un fichier statistique. Le gouvernement ne l’a pas fait, alors que notre syndicat a déjà enregistré près de 12 000 Gabonais non éligibles au projet faute de permis de la catégorie requise. »
En outre, le déploiement des taxis a rencontré quelques incidents. Le 10 octobre, un véhicule du programme Taxi Gab+ a été impliqué dans un accident sur le boulevard Omar Bongo à Libreville. L’incident, qui aurait pu être plus grave, a suscité une réaction des gestionnaires du programme sur les réseaux sociaux : « Le taxi accidenté avait été prêté à un citoyen sans permis par son grand frère, le propriétaire du véhicule », rappelant que les taxis du programme ne doivent pas être prêtés.
Moins grave mais tout aussi notable, une vidéo virale montre un bénéficiaire poussant son Taxi Gab+ en raison d’une panne de carburant, un problème confirmé par les gestionnaires du projet après vérification.
Perspectives pour le Futur
À terme, le projet devrait s’étendre à toutes les grandes villes du Gabon. Durant la période de remboursement, l’entretien des véhicules sera assuré par « Taxis Gab+ », mais les taxis devront rester limités à Libreville, Owendo et Akanda. En cas d’accident, les réparations seront à la charge des bénéficiaires dans les garages agréés par le programme.
Le programme “Un Taxi pour Chaque Gabonais” offre une réelle chance de changement pour les bénéficiaires, mais il devra surmonter certains défis pour tenir toutes ses promesses et apporter une amélioration durable au secteur du transport urbain au Gabon.
La Rédaction

