Les enjeux de sûreté nucléaire et de gestion des risques radiologiques s’imposent progressivement dans les stratégies juridiques et sécuritaires des États africains. Le Togo vient d’engager une nouvelle étape dans cette dynamique, à travers l’adoption de deux instruments internationaux liés à la sécurité nucléaire et à la gestion des risques associés.
Réuni mercredi 6 mai 2026 sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a validé plusieurs textes qui traduisent une volonté plus large de consolidation institutionnelle, touchant aussi bien la prévention des risques que la gouvernance environnementale et l’organisation territoriale.
Le Togo renforce son cadre juridique sur la sûreté nucléaire
Le gouvernement a d’abord adopté deux projets de loi autorisant l’adhésion du Togo à des conventions internationales adoptées à Vienne en 1997.
La première porte sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs. Elle vise à renforcer les mécanismes internationaux de prévention des accidents radiologiques et à améliorer le contrôle des matières sensibles.
Pour le Togo, cette adhésion doit également permettre de renforcer la coopération technique internationale et d’améliorer les capacités nationales face aux risques liés aux trafics de déchets radioactifs.
Le second texte concerne la Convention sur la réparation complémentaire des dommages nucléaires. Ce dispositif établit un cadre international d’indemnisation des victimes en cas d’accident nucléaire majeur, incluant les dommages humains, matériels et environnementaux.
À travers cette ratification, Lomé cherche à sécuriser son accès aux mécanismes internationaux de solidarité financière prévus pour la gestion d’éventuelles catastrophes de grande ampleur.
Dans le prolongement de ces décisions, le Président du Conseil a demandé l’accélération de l’opérationnalisation complète de l’autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaire, tout en appelant à une évaluation approfondie des risques auxquels le pays pourrait être exposé.
Le “Fonds vert Togo” comme nouvel outil de financement climatique
Le Conseil des ministres a également adopté le décret fixant les attributions et le fonctionnement du « Fonds vert Togo ».
Ce nouveau mécanisme remplace l’ancien Fonds national de l’environnement et s’inscrit dans la montée en puissance des politiques climatiques et de la finance verte sur le continent.
Le futur dispositif doit servir de plateforme nationale de mobilisation et de gestion des financements environnementaux, qu’ils proviennent de ressources publiques, privées ou de partenaires internationaux.
Le gouvernement entend notamment soutenir des projets liés à la résilience climatique, aux énergies renouvelables, à la protection des ressources naturelles et à l’adaptation environnementale.
Au-delà de l’aspect écologique, l’enjeu est aussi économique et diplomatique : disposer d’un instrument conforme aux standards internationaux afin de faciliter l’accès du Togo aux financements climatiques mondiaux.
Une nouvelle recomposition de l’administration territoriale
La réunion gouvernementale a enfin été marquée par une série de nominations dans l’administration territoriale.
Plusieurs préfectures changent de responsables, notamment dans l’Oti, le Kpendjal, Doufelgou, Dankpen, Blitta, Mô, Haho, Amou et le Moyen-Mono.
Cette nouvelle vague de désignations confirme la place importante qu’occupent encore les profils issus des forces de défense et de sécurité dans l’appareil territorial togolais.
Au ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Meindou Lebigaza a été nommé secrétaire général.
La Rédaction

