Alors que Washington sabre dans les budgets, l’ONU tente de maintenir un minimum d’activité au Nigeria. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a récemment confirmé qu’il ne quitterait pas totalement le pays, malgré les conséquences brutales des coupes budgétaires imposées par l’administration Trump.
Une restructuration contrainte
Trond Jensen, directeur de l’OCHA pour le Nigeria, a tenté de rassurer. « Nous allons progressivement réduire notre présence, ce qui ne signifie pas nécessairement un retrait complet », a-t-il déclaré. En clair, l’agence entame une mutation vers une mission de conseil, abandonnant progressivement ses déploiements logistiques et ses actions sur le terrain.
Cette déclaration survient après que les médias locaux ont relayé les propos du ministre nigérian des Affaires humanitaires, Nentawe Goshwe Yilwatda, affirmant que l’OCHA allait se retirer du pays. Une version que l’agence onusienne nuance, préférant parler de “réduction significative”.
Des coupes mondiales, une crise locale
À l’échelle globale, la situation est critique. Le chef de l’OCHA, Tom Fletcher, a annoncé la semaine dernière la suppression d’environ 2.600 postes, soit 20 % de l’effectif mondial. Ces coupes interviennent dans un contexte de désengagement américain massif. Dès le début de son mandat, Donald Trump avait suspendu l’aide de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), gérant jusqu’alors plus de 42 milliards de dollars, soit 42 % de l’aide humanitaire mondiale.
Officiellement gelée pour 90 jours, l’aide de l’USAID n’a jamais été rétablie dans sa globalité. Résultat : une mise en congé administrative de milliers d’employés et la fin de nombreux programmes, notamment en Afrique.
L’Afrique en première ligne
Le Nigeria, où des millions de personnes dépendent de l’assistance humanitaire en raison des violences persistantes dans le nord-est du pays, paie le prix fort. L’arrêt des financements fragilise les systèmes de santé déjà précaires et complique la coordination entre acteurs publics, privés et ONG. L’OCHA, présente dans plus de 60 pays, n’échappe pas à cette vague mondiale d’austérité.
Ce retrait progressif risque de créer un vide dangereux pour les populations les plus vulnérables, notamment les déplacés internes, les enfants souffrant de malnutrition, et les communautés exposées aux épidémies.
La Rédaction

