Un scandale de harcèlement sexuel a plongé le Sénat nigérian dans une crise sans précédent, après que la sénatrice Natasha Akpoti-Uduaghan a accusé le président de l’institution, Godswill Akpabio, de comportements inappropriés. Cette affaire a non seulement choqué l’opinion publique mais a aussi exacerbé la mauvaise réputation de cette institution, déjà critiquée pour son manque de transparence et son sexisme institutionnalisé.
L’incident a débuté par un conflit au sujet de la répartition des sièges au Sénat. Akpoti-Uduaghan, furieuse d’un changement soudain et sans préavis dans l’agencement, a refusé de se plier à la nouvelle disposition imposée par Akpabio. Cette confrontation a pris un tournant plus personnel lorsque le président du Sénat l’a publiquement ridiculisée, l’accusant de négliger ses responsabilités législatives au profit de son apparence.
Mais le scandale a éclaté lorsqu’Akpoti-Uduaghan a révélé en direct à la télévision que Akpabio lui avait fait des avances sexuelles répétées, toutes repoussées. Selon ses déclarations, à chaque rejet, Akpabio aurait non seulement persisté dans ses tentatives mais l’aurait également victimisée en bloquant ses propositions et en lui refusant la parole au Sénat. “C’est comme un étudiant échouant sans cesse, parce qu’il refuse de céder aux avances d’un professeur”, a-t-elle expliqué sur Arise Television.
Les accusations ont provoqué une division au sein du Sénat, avec certains parlementaires dénonçant une tentative de déstabilisation de l’institution. Cependant, des voix se sont élevées pour soutenir Akpoti-Uduaghan, faisant écho à d’autres accusations similaires de harcèlement sexuel à l’encontre d’Akpabio, y compris de Joy Nunieh, une ancienne fonctionnaire du gouvernement.
En dépit de l’ampleur de l’affaire, la sénatrice n’a pas trouvé de soutien parmi ses homologues féminines, qui l’ont incitée à résoudre le conflit à l’amiable. L’épouse d’Akpabio, quant à elle, a contre-attaqué, déposant une plainte en diffamation contre Akpoti-Uduaghan.
Le comité d’éthique du Sénat semble avoir d’ores et déjà conclu à la culpabilité d’Akpoti-Uduaghan en rejetant la possibilité d’une enquête équitable. La sénatrice a obtenu une injonction pour empêcher sa suspension, mais les observateurs sont sceptiques quant à la possibilité d’un véritable procès impartial. La situation est d’autant plus compliquée que le Sénat, dominé par les hommes, semble davantage préoccupé par le maintien du pouvoir en place que par l’établissement de la vérité.
Les féministes, quant à elles, ont dénoncé le harcèlement systématique auquel sont confrontées les femmes dans la politique nigériane, mettant en lumière les obstacles structurels à l’égalité des sexes dans l’arène politique. Le mouvement de soutien à Akpoti-Uduaghan s’intensifie, avec des personnalités publiques et des activistes exprimant leur solidarité envers la sénatrice.
La Rédaction

