Le gouvernement militaire réfute les accusations de vol et annonce une nouvelle orientation sur le marché international
Au Niger, la gestion de l’uranium devient un enjeu diplomatique et économique majeur. Samedi, la junte au pouvoir a rejeté catégoriquement les accusations de « vol » concernant la disparition d’uranium sur le site de la Somaïr, anciennement exploité par le groupe français Orano. Cette réaction fait suite à l’ouverture à Paris d’une enquête pour vol en bande organisée visant ce minerai stratégique.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, le régime militaire affirme sa volonté de reprendre pleinement le contrôle des ressources minières nationales. Après avoir nationalisé le site de la Somaïr en juin, le gouvernement nigérien a annoncé son intention de commercialiser l’uranium directement sur les marchés internationaux, afin de renforcer l’autonomie du pays et diversifier ses partenariats.
Le colonel Ousmane Abarchi, ministre des Mines, a insisté sur le fait que l’exploitation des ressources nationales relève de la souveraineté du Niger et ne peut être assimilée à un vol. De son côté, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a rappelé que des dettes importantes restaient impayées par Orano et a critiqué la manière dont l’entreprise a historiquement évalué la teneur de l’uranium nigérien.
Depuis la prise de contrôle des sites miniers nigériens, la junte explore de nouvelles collaborations avec des partenaires étrangers, notamment la Russie et l’Iran, pour développer l’exploitation et la commercialisation de l’uranium. Orano a officiellement perdu le contrôle opérationnel de ses filiales locales : la mine de la Somaïr, la mine fermée de Cominak et le gisement d’Imouraren. L’entreprise française, majoritairement détenue par l’État français, a engagé plusieurs actions d’arbitrage international contre le Niger pour contester ces décisions.
Ce dossier met en lumière la position stratégique du Niger sur le marché mondial de l’uranium, représentant près de 5 % de la production mondiale. La controverse illustre les tensions entre souveraineté nationale et intérêts économiques des entreprises étrangères dans un secteur clé pour l’énergie mondiale.
La Rédaction

