Les motifs qui décorent léopards, zèbres et autres animaux fascinent depuis toujours. Pour la première fois, des chercheurs de l’Université du Colorado à Boulder ont réussi à montrer comment la taille individuelle des cellules influence la formation de ces taches et rayures, recréant avec réalisme leurs irrégularités naturelles. Cette découverte offre un éclairage inédit sur la manière dont la nature mêle harmonie et imperfection.
Dirigée par Ankur Gupta, du Département de génie chimique et biologique de CU Boulder, l’équipe s’appuie sur les travaux de 2023 qui avaient perfectionné la théorie de formation de motifs du mathématicien Alan Turing (1952), en y ajoutant la diffusiophorèse, un phénomène physique similaire à celui qui débarrasse le linge de sa saleté.
En attribuant des tailles spécifiques aux cellules dans leurs simulations informatiques, les scientifiques ont observé l’émergence de motifs irréguliers très réalistes, comparables à des balles de ping-pong de tailles différentes créant des contours et ruptures aléatoires lorsqu’elles se déplacent dans un tube. Cette approche permet de reproduire fidèlement la diversité et les imperfections que l’on observe dans la nature.
Publié le 27 octobre dans la revue Matter, ce travail pourrait révolutionner des domaines variés : de la création de matériaux capables de changer de couleur sur demande pour le camouflage, jusqu’à l’amélioration des systèmes de livraison ciblée de médicaments dans des zones précises du corps.
La Rédaction

