FREETOWN – La Sierra Leone fait face à une propagation inquiétante du mpox (anciennement variole du singe), avec 3.011 cas confirmés et 14 décès enregistrés depuis le début de l’année 2025. Le ministère de la Santé a diffusé ces chiffres vendredi soir, révélant une détérioration rapide de la situation sanitaire dans tout le pays.
Propagation nationale
Alors qu’à la mi-mai, les autorités recensaient 2.045 cas et 11 morts, l’épidémie s’est depuis propagée à l’ensemble des 16 districts du pays, illustrant une contamination désormais généralisée. Cette extension rapide a obligé le gouvernement à renforcer d’urgence les capacités de réponse.
Centres de traitement en renfort
Pour contenir la flambée, plusieurs mesures ont été prises, dont la transformation d’un centre d’entraînement de la police à Freetown en hôpital temporaire avec 400 lits supplémentaires, selon le Dr Mustapha Jalloh, coordinateur national de la lutte contre le mpox. En périphérie de la capitale, Médecins sans frontières (MSF) a financé l’installation de 50 lits à Calaba Town, une zone particulièrement vulnérable.
Depuis février, six nouveaux centres de traitement ont vu le jour dans la capitale, renforcés récemment par la fourniture de matériel de protection par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Une maladie longtemps ignorée
Apparue pour la première fois en 1970 en République démocratique du Congo, le mpox était historiquement cantonné à l’Afrique centrale et de l’Ouest. Mais depuis 2022, le virus s’est répandu dans des pays jusque-là épargnés, notamment en Europe et en Amérique du Nord, révélant des failles dans la surveillance mondiale des maladies émergentes.
L’OMS a d’ailleurs déclenché son plus haut niveau d’alerte sanitaire en 2024 face à cette recrudescence mondiale.
Une crise révélatrice
La crise sanitaire actuelle en Sierra Leone met en lumière la fragilité des systèmes de santé dans les pays en développement, souvent mal préparés à gérer des flambées épidémiques de grande ampleur. Elle soulève également des questions urgentes sur l’accès aux vaccins, la surveillance épidémiologique et le financement durable de la santé publique en Afrique.
La Rédaction

