Après un vote du Parlement européen, l’ONG alerte sur un durcissement inédit des politiques migratoires, marqué par des mesures de détention et d’expulsion jugées préoccupantes.
Amnesty International a vivement réagi à l’adoption par le Parlement européen d’une réforme qui ouvre la voie à un renforcement des politiques de détention et d’expulsion des migrants en situation irrégulière.
Pour Eve Geddie, directrice du bureau des institutions européennes de l’organisation, ce texte marque une inflexion inquiétante. Elle dénonce un accord issu d’une alliance entre le Parti populaire européen et plusieurs groupes favorables à des politiques migratoires restrictives.
Un vote jugé précipité
Selon Amnesty International, le Parlement aurait validé ce dispositif « à la hâte », sans véritable examen approfondi ni évaluation sérieuse de son impact sur les droits humains.
Cette critique s’inscrit dans un contexte où la Commission européenne avait déjà proposé, en mars 2025, une refonte du règlement sur le retour des migrants, visant à remplacer la directive existante.
Des mesures plus coercitives
Le texte adopté prévoit notamment un durcissement des sanctions à l’encontre des migrants en situation irrégulière, ainsi que la possibilité de les transférer vers des « centres de retour » situés en dehors de l’Union européenne.
Pour Amnesty, ces orientations pourraient entraîner des « privations de droits sans précédent », en instaurant des mécanismes de détention plus larges et plus systématiques.
Une réforme portée par une majorité politique
Adoptée par 389 voix contre 206, la position du Parlement reflète un basculement politique, soutenu par des groupes de centre-droit et d’extrême droite, dans un contexte de pression croissante pour limiter l’immigration au sein des États membres.
Le compromis final, validé par la commission des libertés civiles (LIBE), servira désormais de base auxفاوضations avec le Conseil de l’Union européenne.
Vers une adoption rapide
Le vote ouvre la voie à des discussions en trilogue entre le Parlement, la Commission et le Conseil, une étape décisive avant l’adoption définitive du règlement.
Pour Amnesty International, l’enjeu est désormais clair : éviter que cette réforme ne se traduise par une érosion durable des garanties fondamentales pour les migrants.
La Rédaction

