La Mauritanie dénonce des exactions contre ses ressortissants dans une zone frontalière sensible, tandis que Bamako évoque une opération militaire contre des groupes jihadistes.
Les relations entre la Mauritanie et le Mali se tendent à nouveau après de nouveaux incidents survenus près de leur frontière commune. Nouakchott accuse les forces armées maliennes d’avoir ciblé des civils mauritaniens, tandis que Bamako avance une version liée à des opérations anti-jihadistes dans la région.
Nouakchott évoque des exactions contre des civils
Dans un communiqué publié samedi 28 mars par le ministère mauritanien des Affaires étrangères, la Mauritanie affirme que plusieurs de ses ressortissants ont été victimes d’une tuerie survenue en territoire malien.
Selon Nouakchott, cinq victimes identifiées seraient originaires de villages situés dans la wilaya d’Hodh el-Gharbi, au sud du pays. Le gouvernement mauritanien condamne des « incidents sécuritaires graves » et appelle les autorités maliennes à mettre fin à des actes qu’il qualifie de répétitifs.
La Mauritanie exige également l’ouverture d’enquêtes crédibles et appelle les populations vivant près de la frontière à la prudence.
Version divergente des autorités maliennes
À ce stade, aucune réaction officielle détaillée n’a été publiée par Bamako. Toutefois, selon des sources locales relayées par des médias régionaux, les personnes concernées auraient été arrêtées puis tuées lors d’une opération menée par les Forces armées maliennes (FAMa) près de Yélimané, à proximité de la frontière.
Une source militaire malienne évoque de son côté une opération de sécurisation contre des groupes jihadistes, affirmant que des « terroristes ont été neutralisés ». Cette version contredit les accusations portées par Nouakchott, qui insiste sur la présence de victimes civiles.
Une zone frontalière sous pression sécuritaire
La frontière entre les deux pays, longue de plus de 2 000 kilomètres, reste difficile à contrôler et marquée par des zones de circulation complexe entre populations civiles et groupes armés.
Ces derniers mois, la Mauritanie a déjà dénoncé plusieurs incidents similaires, notamment la mort de bergers et des incursions de patrouilles maliennes dans des villages frontaliers où la démarcation territoriale reste floue.
Un climat diplomatique fragilisé
Ces nouveaux événements interviennent dans un contexte régional déjà marqué par une forte instabilité sécuritaire au Sahel. La multiplication des opérations militaires dans les zones frontalières accroît les risques de malentendus et d’escalade diplomatique.
Plusieurs observateurs appellent à un renforcement des mécanismes de coordination entre Nouakchott et Bamako afin d’éviter une détérioration durable des relations bilatérales.
La Rédaction

