Protéger avant de secourir. C’est le mot d’ordre du chantier lancé par le Roi Mohammed VI, mercredi 7 mai, dans la région de Rabat-Salé-Kénitra. À Ameur, petite commune propulsée au rang stratégique, le souverain a donné le coup d’envoi officiel d’une plateforme régionale de produits de première nécessité, en présence du Prince Héritier Moulay El Hassan.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale de gestion proactive des risques, avec un objectif clair : équiper chaque région du Royaume d’une base logistique capable de répondre rapidement à toute urgence — qu’elle soit naturelle, sanitaire ou industrielle.
Sur une superficie de 20 hectares, la plateforme de Rabat-Salé-Kénitra bénéficiera d’un investissement de 287,5 millions de dirhams (environ 26 millions d’euros). Elle comprendra quatre entrepôts de 5 000 m², un héliport, des abris pour engins lourds et des espaces de stationnement. Sa mise en service est prévue d’ici 12 mois.
Un plan national de grande envergure
Ce chantier régional n’est qu’une pièce d’un programme national plus vaste. Douze plateformes logistiques seront déployées dans tout le pays, pour un coût global de 7 milliards de dirhams. Deux milliards seront consacrés aux infrastructures, tandis que cinq milliards financeront la constitution de stocks stratégiques : tentes, lits, vivres, équipements médicaux, matériel de sauvetage, etc.
Les sites ont été sélectionnés selon une cartographie précise des risques et une répartition démographique équilibrée. Six plateformes auront une capacité de stockage de 20 000 m², les six autres de 10 000 m².
En cas de crise majeure, ces bases permettront de mobiliser jusqu’à 200 000 tentes, des cuisines mobiles, des dispositifs de traitement de l’eau, des générateurs, des équipements spécialisés de secours et 12 hôpitaux de campagne modulables. Les stocks seront gérés par des équipes techniques qualifiées, dans le respect des normes internationales.
Une leçon tirée du séisme d’Al Haouz
Le séisme d’Al Haouz en 2023 a mis en lumière la nécessité d’une meilleure anticipation logistique. Le Maroc en tire les conséquences en choisissant l’action structurée plutôt que la réaction improvisée. Ce plan répond à un impératif : ne plus jamais être pris au dépourvu.
Renforcer la souveraineté civile
Au-delà de la gestion des urgences, le Royaume veut structurer un écosystème industriel national dédié aux équipements de secours. Produire localement les moyens de sa résilience, c’est réduire sa dépendance et renforcer sa souveraineté.
En lançant ce bouclier logistique, le Maroc fait de la résilience un pilier de sa gouvernance territoriale et de sa sécurité nationale. Un choix stratégique dans un monde où l’imprévu est devenu la règle.
La Rédaction

