Un marché ne devient pas insalubre en un jour. Sa dégradation résulte d’une accumulation de gestes ordinaires : un emballage abandonné, des déchets déposés hors des points de collecte, un espace de vente laissé sans entretien. À Agoè-Nyivé, le projet « Assimeneko » remet ainsi au centre une réalité souvent occultée : la propreté des lieux publics dépend autant de l’action des services d’assainissement que du comportement quotidien de leurs usagers.
Portée par la JCI Agoè-Nyivé Pioneer, cette initiative entend sensibiliser commerçants, clients et autres utilisateurs des marchés de la commune d’Agoè-Nyivé 1. Au moins 300 personnes doivent être directement touchées, tandis que du matériel de collecte sera mis à la disposition des commerçants.
Derrière cette action locale se dessine toutefois un enjeu qui dépasse largement les limites de la commune. Dans les marchés urbains, chacun souhaite évoluer dans un environnement propre, mais la responsabilité de son entretien est encore trop souvent renvoyée à la collectivité, aux agents de nettoyage ou aux autorités locales.
Une responsabilité nécessairement partagée
Les communes et les services spécialisés doivent organiser la collecte, installer les équipements appropriés et assurer l’évacuation régulière des déchets. Sans ces infrastructures, les appels au civisme restent insuffisants.
Mais aucun dispositif ne peut produire des résultats durables lorsque les poubelles sont ignorées, que les caniveaux servent de dépotoirs ou que les déchets s’accumulent autour des étals. L’insalubrité naît alors de la rencontre entre des services parfois défaillants et des comportements individuels qui aggravent la situation.
Le projet « Assimeneko », qui signifie « Marchés propres », repose précisément sur cette complémentarité. Soutenue notamment par la commune d’Agoè-Nyivé 1 et l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique, l’initiative associe sensibilisation, fourniture de matériel et promotion de pratiques d’hygiène.
La propreté comme pratique citoyenne
Dans les marchés, la salubrité ne relève pas seulement de l’esthétique. Les déchets mal gérés favorisent les mauvaises odeurs, l’obstruction des caniveaux, la prolifération d’insectes et la contamination possible de denrées exposées à proximité.
Préserver ces espaces revient donc à protéger la santé publique, l’activité économique et la dignité des personnes qui y travaillent quotidiennement.
La réussite d’une telle initiative ne se mesurera cependant pas au nombre de poubelles distribuées ni à la seule mobilisation organisée autour du projet. Elle dépendra de la capacité à inscrire les nouveaux comportements dans la durée, au-delà des campagnes ponctuelles.
Car la citoyenneté ne s’exprime pas uniquement dans les grands débats publics. Elle se manifeste également dans la manière de respecter un espace commun, de gérer ses propres déchets et de ne pas laisser à d’autres la charge de réparer les conséquences de ses gestes.
Dans les marchés comme ailleurs, la propreté ne peut donc plus être considérée comme l’affaire d’une administration extérieure. Elle commence à l’endroit précis où chacun décide de ne plus abandonner sa part de responsabilité.
La Rédaction

