La mission de l’ONU au Mali, expulsée par la junte en 2023, s’achèvera officiellement le 15 novembre. Après dix ans de présence pour contrer l’expansion du jihadisme qui menaçait ce pays vulnérable, l’opération de liquidation est sur le point de se conclure. Cette phase ultime comprend la remise des infrastructures aux autorités maliennes, l’évacuation des équipements restants et la clôture des contrats.
Le 15 novembre marquera la restitution du camp de Bamako et le départ du personnel international ainsi que des forces armées, scellant ainsi le retrait total de la Minusma. Cette mission, qui comptait environ 15 000 soldats et policiers issus de nombreux pays, avait vu sa position se dégrader avec l’arrivée des colonels putschistes en 2020. Sur insistance de la junte, le Conseil de sécurité de l’ONU avait mis fin au mandat de la Minusma.
Ce retrait de la mission onusienne s’inscrit dans une série de décisions visant à rompre avec les anciennes alliances. Le Mali, désormais tourné vers la Russie, a abandonné ses liens militaires avec la France et a dénoncé l’accord de paix de 2015 avec les groupes indépendantistes du nord, que la Minusma devait aider à mettre en œuvre. La situation sécuritaire s’est dégradée, et des hostilités ont repris entre les séparatistes et l’armée malienne, contraignant la Minusma à retirer ses forces.
Les opérations de la mission onusienne ont été particulièrement éprouvantes, avec plus de 180 membres tués, pour la plupart dans des attaques attribuées aux groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, faisant de cette mission l’une des plus meurtrières pour l’ONU.
La Rédaction

