Madagascar traverse une véritable crise diplomatique. Alors que la plupart de ses postes à l’étranger restent vacants, le pays se retrouve à être représenté de manière symbolique par une seule ambassadrice à Washington, couvrant 18 pays stratégiques. Ce déficit de présence internationale fragilise le rayonnement de l’île sur la scène mondiale.
Des capitales européennes et asiatiques laissées vacantes
En Europe, Berlin, Rome, Londres, Bruxelles et Genève n’ont plus d’ambassadeur depuis plusieurs années. À Paris, capitale diplomatique majeure pour Madagascar, l’ambassade est dirigée par un chargé d’affaires depuis le décès de l’ambassadeur Hugues Rajhonson en avril 2025. Résultat : les relations avec ces pays avancent au ralenti, sans stratégie politique ni influence réelle.
En Asie, la situation est similaire. Pékin, New Delhi, Moscou et Tokyo restent sans ambassadeur. À Pékin, la représentation malgache, déjà réduite à un simple bureau administratif sous le mandat de Jean Louis Robinson, peine à jouer un rôle stratégique dans les relations bilatérales avec la Chine.
Dans l’océan Indien, Port-Louis n’a pas été pourvu depuis le départ de Camille Vital. Sur le continent africain, Pretoria, Dakar, Alger, Rabat et Addis-Abeba — siège de l’Union africaine — sont également sans ambassadeur, un paradoxe pour un pays revendiquant un fort ancrage africain.
Washington : un îlot de stabilité
Seule l’ambassadrice Lantosoa Rakotomalala à Washington maintient un véritable poste diplomatique actif. À l’inverse, l’ambassade permanente auprès des Nations unies à New York et celle à Ottawa restent vacantes, accentuant le sentiment de retrait malgache sur le terrain international.
Une politique diplomatique défaillante depuis 2009
Cette situation n’est pas nouvelle. Depuis 2009, Madagascar ne priorise pas l’optimisation de ses représentations étrangères. Le régime actuel continue cette trajectoire, laissant les ambassades fonctionner à bas régime, souvent avec seulement deux ou trois agents. Les postes clés ont historiquement été attribués comme récompense politique, parfois à des personnes dépourvues de formation diplomatique ou de maîtrise des langues étrangères.
Les conséquences sur le rayonnement malgache
Les cadres du ministère des Affaires étrangères dénoncent cette situation et appellent à valoriser les agents formés et expérimentés en relations internationales. Dans un contexte géopolitique en tension, la présence et la stratégie sont indispensables. Sans elles, Madagascar risque de perdre davantage de terrain et de laisser filer des opportunités diplomatiques et économiques cruciales.
La Rédaction

