Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réunissent ce lundi en sommet extraordinaire par visioconférence. Au centre des discussions : l’évolution politique et sécuritaire de Madagascar, plongée dans une transition institutionnelle ouverte depuis la crise d’octobre 2025.
GABORONE — La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) convoque ce lundi un sommet extraordinaire entièrement consacré à la situation malgache. Cette réunion de haut niveau vise à évaluer les avancées, mais aussi les blocages persistants du processus de transition engagé après la chute du président Andry Rajoelina en octobre 2025.
Selon le secrétariat de l’organisation régionale, les travaux seront dirigés par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, en sa qualité de président en exercice de la SADC. Les discussions s’appuieront sur le rapport de l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité, chargé du suivi de la stabilité et des équilibres institutionnels dans la région.
Une transition politique sous observation régionale
Le sommet intervient dans un contexte de recomposition politique à Antananarivo. La crise d’octobre 2025 a entraîné la destitution du président Andry Rajoelina à la suite d’une combinaison de mobilisations populaires, d’un vote parlementaire et de l’intervention de l’armée.
Depuis cette rupture institutionnelle, le pays est dirigé par une autorité militaire de transition conduite par le colonel Michael Randrianirina. Cette évolution a conduit à la suspension de Madagascar par l’Union africaine, tandis que plusieurs partenaires internationaux conditionnent leur coopération à un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Une réponse diplomatique structurée de la SADC
Face à cette crise, la SADC a progressivement mis en place un dispositif diplomatique renforcé. Dès octobre 2025, une mission d’établissement des faits a été déployée afin d’évaluer la situation sur le terrain et d’ouvrir des canaux de dialogue.
En décembre, l’organisation a activé un Panel des sages ainsi qu’un Groupe de référence chargé d’accompagner la médiation entre les différentes parties prenantes. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs missions de diplomatie itinérante ont été conduites à Antananarivo, notamment sous la direction de l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, afin de faciliter le dialogue entre autorités de transition, opposition et société civile.
Vers une nouvelle phase de la transition malgache
Le sommet de ce lundi doit permettre aux chefs d’État d’examiner les rapports des différentes missions et d’évaluer la trajectoire du processus de transition. Les discussions pourraient déboucher soit sur un renforcement des exigences de la SADC, soit sur la validation d’une feuille de route plus structurée vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Pour l’organisation régionale, l’équation reste délicate : maintenir la fermeté de sa doctrine contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement tout en accompagnant un État fragilisé vers une stabilisation durable.
La Rédaction

