L’Institut de Civilisation, Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo a rouvert ses espaces au public autour de deux expositions complémentaires. L’une retrace plusieurs millénaires d’histoire malgache, tandis que l’autre explore la place de la mort, des ancêtres et de la mémoire dans les arts funéraires.
Antananarivo – Comment transmettre le patrimoine sans le réduire à une collection d’objets figés ? Depuis le 18 juillet 2026, l’Institut de Civilisation, Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo, plus connu sous le sigle ICMAA, propose une nouvelle réponse à cette question à travers une exposition permanente d’archéologie et un parcours temporaire consacré aux arts funéraires malgaches.
Ces deux projets accompagnent la rénovation muséographique de l’institution. Le Bureau Domi Sanji a repensé la scénographie, la signalétique et l’identité visuelle du musée afin de replacer les collections malgaches au centre de leur propre récit. La nouvelle présentation accorde notamment une place prioritaire à la langue malgache et privilégie une lecture du patrimoine conçue depuis Madagascar.
Plusieurs millénaires d’histoire réunis
L’exposition permanente introduit le public aux méthodes de l’archéologie, aux objets étudiés et aux enjeux liés à leur conservation. Elle s’appuie sur les importantes collections de l’ICMAA pour retracer plusieurs millénaires de présence humaine et de transformations sociales sur la Grande Île.
Au-delà de la présentation des vestiges, le parcours montre comment les objets permettent de comprendre les modes de vie, les échanges et les pratiques des sociétés qui ont façonné Madagascar.
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Les arts funéraires comme récits de vie
L’exposition temporaire, intitulée « Doria Vita Sokitra – Sculpter l’éternité », explore pour sa part les arts funéraires malgaches et les rapports entretenus avec la mort, les ancêtres et la mémoire. Elle restera accessible jusqu’au 19 décembre 2026.
Le parcours met notamment en valeur des sculptures funéraires issues de plusieurs traditions régionales. Il ne présente pas seulement ces œuvres comme des objets artistiques, mais comme des témoignages sur la vie quotidienne, les rêves, les relations sociales et la représentation des femmes et des hommes au sein des communautés.
À travers cette double exposition, l’ICMAA transforme ainsi le musée en un lieu de transmission active. Le patrimoine n’y apparaît plus uniquement comme une mémoire à conserver, mais comme une matière vivante permettant aux générations actuelles de mieux comprendre leur histoire et leur identité.
La Rédaction

