Le 31 mai approche, et avec lui une échéance décisive pour l’avenir du Soudan du Sud. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer sur la reconduction d’un embargo sur les armes en vigueur depuis 2018, dans un contexte de violence chronique, de crise humanitaire aiguë et de scepticisme croissant quant à l’efficacité des efforts internationaux de paix.
Plus de deux millions de déplacés, des milliers de morts et des dizaines de milliers d’enfants en situation de malnutrition : le bilan humain du conflit sud-soudanais est accablant. Alors que les affrontements persistent par vagues, l’embargo de l’ONU, qui expire ce 31 mai, reste l’un des derniers outils concrets à disposition de la communauté internationale pour freiner l’escalade.
Un embargo en sursis
Imposé en 2018, l’embargo sur les armes vise à couper les flux d’armements vers un pays miné par les luttes de pouvoir et les affrontements communautaires. Mais malgré ces restrictions, les violations se multiplient. Dernier exemple en date : en mars 2025, des troupes et équipements militaires en provenance d’Ouganda ont été signalés au Soudan du Sud, au mépris de la résolution en vigueur.
Depuis 2015, les sanctions onusiennes ciblent également certaines figures politiques et militaires impliquées dans les violences. Pourtant, l’inefficacité apparente de ces mesures soulève des questions, notamment parmi les populations locales. Pour de nombreux Sud-Soudanais, les missions de maintien de la paix de l’ONU n’ont pas empêché la poursuite des massacres, souvent perpétrés dans l’indifférence générale.
Un dilemme diplomatique
Alors que les discussions s’intensifient au sein du Conseil de sécurité, les lignes de fracture apparaissent clairement. Certains États plaident pour une levée progressive de l’embargo, arguant que celui-ci entrave les efforts de reconstruction d’une armée nationale unifiée. D’autres, au contraire, insistent sur la nécessité de maintenir la pression, dans un contexte où la paix reste fragile et les engagements politiques rarement tenus.
Des vies en jeu
Pour Amnesty International, la prolongation de l’embargo est indispensable. Sans elle, l’organisation craint une aggravation de la situation humanitaire déjà dramatique. Elle rappelle que cette mesure, bien que loin d’être parfaite, a permis de limiter certaines dérives et de freiner, au moins partiellement, l’afflux d’armes dans les zones de conflit.
En toile de fond, c’est l’ensemble du système onusien qui est remis en question. À quoi sert un embargo que l’on ne fait pas respecter ? Que vaut une force de paix incapable de protéger les civils ? Autant de questions que les diplomates devront affronter alors qu’ils s’apprêtent à voter un texte crucial pour l’avenir du Soudan du Sud.
La Rédaction

