Abdullah Ibrahim Alissa, directeur du parc national de Thadiq, se tient sur un promontoire rocheux au cœur d’une région désertique, située au nord de Riyad, la capitale saoudienne. Face à lui s’étend une vue impressionnante sur des terrasses verdoyantes, témoignant des efforts colossaux pour restaurer ces terres arides. Des arbustes et des arbres récemment plantés ornent les pentes, offrant un contraste frappant avec le paysage stérile d’autrefois.
« J’ai vu cette région se dégrader au fil des ans, et aujourd’hui, elle est méconnaissable grâce aux efforts de boisement », explique Alissa. Le projet de réhabilitation de ce parc de 600 kilomètres carrés a impliqué la plantation de 250 000 arbres et un million d’arbustes, ainsi que la construction de barrages en terrasses pour capter l’eau de pluie rare.
Ce projet fait partie d’une initiative plus large visant à reverdir les vastes déserts du Royaume d’Arabie saoudite, tout en abordant des enjeux urgents comme la sécheresse et la dégradation des sols qui frappent de nombreuses régions d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord. La dégradation des terres a déjà affecté trois quarts des terres arables de la région, et la pénurie d’eau touche 60 % de la population, un chiffre qui devrait s’aggraver d’ici 2050.
Osama Ibrahim Faqeeha, vice-ministre de l’Environnement, rappelle : « La terre est essentielle à la vie, tout comme l’océan et le climat. »
Pour contrer ces défis environnementaux, l’Arabie saoudite a lancé l’Initiative Verte saoudienne en mars 2021, visant à restaurer 40 millions d’hectares de terres dégradées, planter 10 milliards d’arbres et protéger 30 % des terres du pays en réserves naturelles. L’objectif ambitieux est de planter 400 millions d’arbres d’ici 2030, une démarche soutenue par des experts internationaux comme Susan Gardner, directrice des écosystèmes au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui souligne l’importance des savoirs traditionnels dans la gestion de ces initiatives.
Dans le cadre de l’Initiative Verte pour le Moyen-Orient, l’Arabie saoudite projette de planter 40 milliards d’arbres supplémentaires pour réduire l’érosion, protéger la biodiversité et lutter contre les effets du changement climatique. Ce plan, visant à restaurer 200 millions d’hectares de terres dégradées, représente 5 % de l’objectif mondial de boisement.
L’Arabie saoudite s’associe également à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification pour développer des solutions concrètes permettant de restaurer les sols. En parallèle, elle accueille la 16e conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, un événement majeur pour la lutte contre la dégradation des terres à l’échelle mondiale.
Dans le parc national de Thadiq, les résultats sont déjà visibles : des oiseaux sont revenus dans la région, autrefois désertée par la faune en raison de la dégradation des sols. Les terrasses en pierre, héritées des ancêtres de la région, captent l’eau de pluie et soutiennent la végétation, empêchant l’érosion et la perte de sol fertile.
« Nous espérons multiplier ces projets et étendre nos efforts pour restaurer encore plus de terres », ajoute Alissa.
Grâce à des méthodes naturelles et à une gestion durable, l’Arabie saoudite s’engage résolument à inverser les effets de la désertification, transformant ses terres arides en modèles de réhabilitation écologique.
La Rédaction

