Genève – L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a accepté vendredi de trancher le différend entre l’Union européenne (UE) et l’Afrique du Sud concernant les restrictions imposées par Bruxelles aux exportations sud-africaines d’agrumes, selon une source proche des discussions.
Cette décision a été prise lors d’une réunion de l’Organe de règlement des différends de l’OMC. L’Afrique du Sud avait déjà sollicité en juin l’intervention de l’OMC, demande à laquelle l’UE s’était opposée. Cependant, selon les règles de procédure, un pays ne peut bloquer une demande de panel (commission d’arbitrage) qu’une seule fois. Ainsi, à la deuxième demande formelle de l’Afrique du Sud, l’instance chargée de trancher le litige a été automatiquement constituée.
Il y a deux ans, l’UE a mis en place de nouvelles exigences phytosanitaires pour prévenir la propagation du faux carpocapse, un parasite qui attaque les oranges et les pamplemousses, ainsi que du Phyllosticta citricarpa, un champignon affectant les agrumes. Ces mesures imposent un traitement par froid extrême pour toutes les oranges destinées aux marchés européens, exigeant qu’elles soient conservées à des températures inférieures ou égales à deux degrés Celsius pendant 25 jours.
Les producteurs sud-africains contestent ces règles, les jugeant excessives et menaçant leur survie économique. Selon eux, le pays dispose déjà de méthodes efficaces pour prévenir les infestations sans recourir à ces mesures draconiennes.
En 2022, l’Afrique du Sud a porté plainte auprès de l’OMC contre les mesures européennes concernant le faux carpocapse et, cette année en avril, contre celles relatives au champignon. Le pays argue que les exigences de l’UE ne sont « pas fondées sur des données scientifiques » et les qualifie de « discriminatoires » et disproportionnées.
Deuxième exportateur mondial d’agrumes frais après l’Espagne en 2022, l’Afrique du Sud considère l’Europe comme son principal marché pour les agrumes, selon l’association sud-africaine des producteurs d’agrumes.
La Rédaction

