Une enquête évoque la présence d’éléments ukrainiens dans l’ouest libyen, révélant une possible extension du conflit russo-ukrainien sur un nouveau théâtre africain.
Une guerre qui déborde du front européen
Selon une enquête de RFI, la Libye serait devenue un espace discret mais stratégique d’extension du conflit opposant la Russie à l’Ukraine. Derrière les lignes officielles et les fronts militaires connus en Europe de l’Est, un autre théâtre se dessinerait au sud de la Méditerranée, où intérêts militaires, renseignement et influence géopolitique s’entrecroisent.
Dans ce scénario, la Libye n’apparaît plus seulement comme un pays fragmenté par ses propres divisions internes, mais comme une plateforme d’opérations indirectes entre puissances extérieures.
Des présences ukrainiennes évoquées dans l’ouest libyen
L’enquête de RFI affirme, sur la base de sources libyennes anonymes, que plus de 200 officiers et experts ukrainiens seraient déployés dans l’ouest de la Libye, en coordination avec les autorités de Tripoli.
Ces éléments seraient répartis sur plusieurs sites stratégiques, notamment des infrastructures militaires et des zones proches d’installations énergétiques sensibles.
Toujours selon ces sources, ces positions incluraient :
•des installations aéronautiques à Misrata, où coexistent déjà plusieurs forces étrangères,
•une base dédiée à des opérations de drones dans la région de Zaouïa,
•et un site de coordination militaire en lien avec des unités locales.
Ces informations n’ont pas été confirmées officiellement par les autorités ukrainiennes, qui n’ont pas répondu aux sollicitations de RFI.
Une logique de guerre hybride et de drones
L’un des éléments centraux de cette affaire repose sur l’hypothèse d’opérations maritimes visant des navires liés à la Russie, notamment ceux appartenant à ce que certains analystes appellent la « flotte fantôme », utilisée pour contourner les sanctions internationales.
Selon les sources citées, un navire russe aurait été visé en Méditerranée par un drone naval de type similaire à ceux déjà utilisés dans le conflit en mer Noire.
Si ces éléments sont exacts, ils illustreraient une évolution majeure : la projection des capacités militaires ukrainiennes bien au-delà de leur zone de guerre traditionnelle.
La Libye, terrain fragmenté des influences étrangères
La Libye demeure un espace politique éclaté, où coexistent plusieurs centres de pouvoir et une forte présence étrangère. Dans ce contexte, la présence supposée d’acteurs ukrainiens s’ajouterait à un environnement déjà marqué par l’implication de la Turquie, de la Russie et d’acteurs occidentaux.
Cette superposition d’intérêts transforme progressivement le territoire libyen en un espace de confrontation indirecte, où les rivalités globales se jouent à bas bruit.
Une guerre par procuration aux implications régionales
Au-delà des aspects militaires, cette situation soulève une question plus large : la Libye devient-elle un nouveau terrain de guerre par procuration entre Moscou et Kiev ?
Pour plusieurs observateurs, ces dynamiques traduisent une extension du conflit ukrainien vers l’Afrique, où les enjeux énergétiques, maritimes et stratégiques prennent une importance croissante.
Dans ce cadre, la Méditerranée centrale apparaît de plus en plus comme une zone de tension hybride, où se mêlent opérations clandestines, renseignement et compétition d’influence.
Une information encore largement non confirmée
Les éléments rapportés reposent principalement sur des sources anonymes et des enquêtes journalistiques, sans confirmation indépendante des gouvernements concernés.
Ils s’inscrivent toutefois dans un contexte de forte intensification des tensions entre la Russie et l’Ukraine, où les accusations croisées et les opérations indirectes se multiplient sur plusieurs théâtres internationaux.
La Rédaction
Source
Enquête RFI

