Nouvel épisode de tensions dans le processus libyen. Le Haut Conseil d’État libyen a vivement critiqué les récentes initiatives de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye, l’accusant de s’écarter de son rôle de médiateur pour influencer directement les équilibres politiques internes.
Une contestation de la légitimité des échanges de Rome
Au centre de la polémique figurent des réunions organisées à Rome, auxquelles ont participé deux membres du Conseil sans mandat officiel. L’institution libyenne dénonce une initiative « non représentative », rappelant que toute participation à des discussions politiques extérieures doit être validée selon ses règles internes.
En s’appuyant sur sa décision n°4 de 2026, le Conseil affirme que ces démarches contreviennent à un cadre juridique contraignant, interdisant toute implication non autorisée dans des négociations liées au processus politique.
Une remise en cause du rôle de la MANUL
Au-delà de cet incident, c’est la posture même de la mission onusienne qui est contestée. Le Haut Conseil estime que la Mission d’appui des Nations Unies en Libye ne se limite plus à un rôle de facilitation, mais tend à s’imposer comme un acteur influençant les dynamiques politiques internes.
Cette évolution est perçue comme une entorse au principe d’appropriation nationale du processus politique, pilier des différents accords encadrant la transition libyenne depuis plusieurs années.
Un risque de fragmentation institutionnelle
L’institution met en garde contre les conséquences de ces initiatives parallèles, notamment sur des dossiers sensibles comme celui de la Haute Commission électorale nationale. Elle rappelle qu’un consensus avait été trouvé entre ses propres commissions et celles de la Chambre des représentants, en présence de la mission onusienne.
Dans cette perspective, toute démarche extérieure non coordonnée est considérée comme susceptible de fragiliser les équilibres institutionnels déjà précaires et de ralentir les efforts de convergence politique.
Une injonction au recentrage du rôle onusien
Le Haut Conseil d’État rejette ainsi toute décision ou orientation issue des réunions de Rome, jugées dépourvues de base légale. Il appelle ses membres à respecter strictement les mécanismes internes de décision et invite la mission des Nations unies à revenir à un rôle de médiation encadrée.
Une crise révélatrice des fragilités du processus libyen
Cet épisode illustre une fois de plus les tensions persistantes autour de la gouvernance du processus politique en Libye. Entre rivalités institutionnelles internes et arbitrage international contesté, la transition reste marquée par une défiance structurelle.
Dans ce contexte, la capacité des acteurs nationaux et internationaux à coordonner leurs actions apparaît déterminante pour éviter une nouvelle phase de blocage dans un pays où chaque initiative politique peut rapidement devenir un facteur de division.
La Rédaction

