Le gouverneur de la Banque centrale libyenne, Sadiq al-Kabir, a été démis de ses fonctions par le Conseil présidentiel de Tripoli, allié au Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, une décision qui pourrait exacerber les tensions dans ce pays déjà fragmenté. Ce limogeage intervient dans un contexte où la Libye, riche en pétrole, reste divisée entre deux gouvernements rivaux : l’un basé à Tripoli, soutenu par l’ONU, et l’autre à l’est, soutenu par le commandant militaire Khalifa Haftar.
Al-Kabir, qui occupait ce poste depuis 2011, avait accumulé une influence considérable mais était également critiqué pour sa gestion des revenus pétroliers, des critiques qui se sont intensifiées ces derniers mois. En remplacement, Mohamed Abdul Salam al-Shukri, économiste et ancien vice-gouverneur, a été nommé gouverneur de la Banque centrale.
La Banque centrale libyenne, dépositaire des milliards de dollars de revenus pétroliers annuels, est au cœur des enjeux politiques du pays. Depuis 2014, elle est divisée entre une branche reconnue internationalement à Tripoli et une autre, à Benghazi, soutenue par les autorités de l’est.
Cependant, le parlement de l’est de la Libye et le Conseil suprême de l’État à Tripoli ont déclaré cette destitution illégitime, affirmant que le Conseil présidentiel n’avait pas le pouvoir de prendre cette décision seul. Selon les accords intérimaires soutenus par l’ONU, la nomination du gouverneur de la Banque centrale doit faire l’objet d’un consensus entre les différentes factions politiques du pays.
La situation reste donc incertaine, alors que la Libye continue de naviguer dans une crise politique complexe et prolongée.
La Rédaction

