Vers un quotidien plus sain grâce aux latrines modernes
À Guérin Kouka, localité de la commune Dankpen 1 dans la région de la Kara, la vie des habitants connaît une transformation progressive grâce à l’initiative « Crédits Latrine au Togo ». Ce programme, conduit par le gouvernement togolais avec l’appui de l’UNICEF, cible les zones où l’accès aux infrastructures sanitaires reste limité, contribuant à améliorer la santé et le bien-être des familles.
Avant l’initiative, l’absence de latrines et les pratiques d’assainissement insuffisantes exposaient les ménages à de nombreuses maladies, en particulier pendant la saison des pluies. Le chef de la communauté de Moussou Kondji, Yébriga Issifou, et des bénéficiaires, comme Mme Gougoulé N’Moanko, responsable d’atelier de couture, confirment les conséquences sanitaires sur les enfants et les adultes.
Une initiative pour un assainissement durable
Face à ces défis, l’approche « Assainissement total piloté par les communautés (ATPC) » avait permis la construction de latrines dans plusieurs villages entre 2021 et 2022. Toutefois, les infrastructures locales, souvent fragiles face aux intempéries, se sont dégradées, obligeant certains ménages à revenir à de vieilles pratiques.
Pour répondre à cette situation, l’UNICEF a octroyé 15 millions de francs CFA à la commune de Dankpen 1, logés dans une institution de microfinance. Les ménages à faibles revenus peuvent ainsi accéder à un crédit compris entre 80 000 et 150 000 F CFA, remboursable sur 12 mois avec un taux social de 6 %, sous la supervision du comité d’assainissement communal.
« Nous avons emprunté 83 000 F CFA pour construire nos latrines. Nous remboursons 7 500 F CFA par mois et tout est réglé », témoigne Mme Gougoulé, illustrant la simplicité et l’efficacité du mécanisme de crédit.
Impact sur la santé et le cadre de vie
La construction des latrines a permis une nette amélioration du cadre de vie : meilleure hygiène, réduction des maladies liées à l’eau et à l’environnement, et suivi facilité des enfants. Mme Gougoulé précise : « Tout le monde utilise les latrines, sauf les enfants que nous surveillons et aidons à utiliser des pots propres ».
Le chef de communauté Yébriga Issifou confirme : « Seuls cinq ménages n’ont pas encore leurs latrines dans ma zone. Le milieu est désormais propre, et les enfants tombent beaucoup moins malades qu’avant ». Selon le point focal du programme, les cas de maladies diarrhéiques ont diminué depuis l’installation des infrastructures sanitaires.
Bénéfices économiques et autonomisation
Au-delà de l’hygiène, le programme soutient l’économie locale et l’autonomisation des familles. Mme Gougoulé peut continuer son activité de production de beignets à domicile sans crainte sanitaire, alors qu’auparavant les risques liés aux mouches et microbes étaient élevés.
Ce microcrédit permet également aux familles de financer elles-mêmes leurs infrastructures, tout en participant activement à la propreté et au bien-être communautaire.
Un modèle durable et reproductible
L’initiative « Crédits Latrine » combine action communautaire, financement accessible et accompagnement institutionnel. Elle contribue à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD 3 et 6 : santé et eau-assainissement), tout en améliorant la qualité de vie, la santé des enfants et la résilience des ménages.
Son succès à Guérin Kouka montre qu’une approche adaptée, participative et durable peut transformer le quotidien des habitants et servir de modèle pour d’autres communes togolaises.
La Rédaction
Sources et références

