Une part importante du parc automobile encore non assurée
Le gouvernement togolais entend remettre la question de la conformité dans l’assurance automobile au centre de ses priorités. Selon les estimations évoquées par les autorités, près de 40 % des véhicules en circulation dans le pays ne disposeraient pas d’une assurance valide, une situation qui fragilise à la fois les usagers et le système assurantiel.
Le sujet a fait l’objet d’une séance de travail présidée par le ministre en charge de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Tessi, en présence des principaux acteurs du secteur.
Une concertation élargie avec les acteurs du secteur
Autour de la table figuraient notamment le Comité des Assureurs du Togo (CAT), le Pool d’assurance des transports publics et véhicules à deux roues, la Direction de la sécurité routière (DSR), ainsi que des représentants du dispositif Carte brune CEDEAO.
Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de coordination visant à améliorer la couverture assurantielle et à renforcer l’application effective des obligations légales.
Un enjeu de protection et de stabilité du secteur
Pour les autorités, la présence de véhicules non assurés constitue un double risque. D’une part, elle complique l’indemnisation des victimes en cas d’accident. D’autre part, elle réduit les ressources financières du secteur assurantiel, en limitant le volume des primes collectées.
Dans de nombreux pays africains, l’assurance automobile représente souvent le premier point d’entrée vers les services financiers formels. Sa faible pénétration freine ainsi l’expansion globale du marché de l’assurance.
Vers une meilleure intégration des contrôles
Pour inverser la tendance, les pouvoirs publics envisagent une approche intégrée. Celle-ci repose sur le rapprochement des contrôles liés à l’assurance automobile avec ceux portant sur la taxe sur les véhicules à moteur et les visites techniques.
L’objectif est de s’appuyer sur des obligations déjà existantes pour renforcer le taux de conformité, sans multiplier les démarches administratives pour les usagers.
La digitalisation comme levier de traçabilité
Parallèlement, les autorités misent sur la digitalisation des outils de contrôle. Le dispositif Carte brune CEDEAO est appelé à jouer un rôle central dans cette évolution, en facilitant la vérification des contrats et en améliorant la circulation de l’information entre les différents acteurs.
Cette modernisation vise également à réduire les fraudes documentaires et à rendre les contrôles plus rapides et plus fiables sur le terrain.
Un chantier au service de l’inclusion assurantielle
Au-delà des aspects réglementaires, cette réforme s’inscrit dans un enjeu plus large : l’élargissement de l’inclusion assurantielle. Dans un contexte où une partie importante de la population reste encore en marge des services financiers, le renforcement de l’assurance automobile constitue un levier structurant pour le développement du secteur.
La Rédaction

