Dans un acte diplomatique sans précédent, le régime militaire nigérien vient d’ordonner l’expulsion de trois hauts responsables de sociétés pétrolières chinoises, signalant une transformation profonde de sa politique énergétique nationale. Cette décision marque un tournant décisif dans la gestion des ressources stratégiques du pays et pourrait redéfinir fondamentalement les relations du Niger avec ses partenaires internationaux.
Les dirigeants de la raffinerie Soraz de Zinder, de la China National Petroleum Corporation (CNPC) et de Wapco, l’entreprise gérant l’oléoduc d’exportation, ont reçu l’ordre de quitter le territoire dans un délai impératif de 48 heures. Bien que les autorités n’aient pas détaillé publiquement les motifs officiels, des sources gouvernementales évoquent des violations systématiques de l’ordonnance adoptée en 2024, destinée à garantir une redistribution équitable des richesses naturelles aux populations nigériennes. Les griefs incluent notamment des rémunérations excessives des cadres étrangers, l’attribution de privilèges injustifiés aux dirigeants chinois, et l’absence de soutien au développement du tissu entrepreneurial local.
Simultanément, les autorités ont prononcé la fermeture immédiate de l’hôtel Soluxe International à Niamey, un établissement haut de gamme appartenant à un groupe chinois. L’établissement est accusé de pratiques discriminatoires flagrantes, notamment le refus d’accès à certaines nationalités, ainsi que de graves irrégularités fiscales. Cet hôtel, qui servait principalement de lieu d’hébergement aux ressortissants chinois travaillant dans le secteur pétrolier, se voit ainsi retirer son autorisation d’exploitation commerciale.
Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie souverainiste affirmée du Niger, visant à reprendre le contrôle effectif de ses ressources stratégiques – pétrole et uranium en particulier – tout en réduisant l’influence étrangère sur son économie. Cette politique intervient dans un contexte de pénurie chronique de carburant : malgré les difficultés de la raffinerie Soraz à répondre à la demande intérieure, un approvisionnement alternatif depuis le Nigeria voisin a récemment été établi pour alimenter Niamey, la capitale.
Si ces décisions énergiques risquent d’engendrer des tensions diplomatiques et des perturbations temporaires dans les chaînes d’approvisionnement, elles témoignent néanmoins d’une détermination inébranlable du régime militaire à rééquilibrer le partage des bénéfices issus des ressources nationales et à défendre les intérêts économiques nigériens face aux puissances étrangères. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation des richesses naturelles observé dans plusieurs pays africains ces dernières années.
La Rédaction

