Australie – Robert Scott pensait recevoir son courrier habituel lorsqu’il a découvert deux contraventions pour excès de vitesse dans sa boîte aux lettres. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Sauf que les infractions qui lui étaient reprochées remontaient à avril et mai 2007, soit près de dix-neuf ans auparavant. L’administration australienne semblait avoir retrouvé sa trace après presque deux décennies et lui accordait désormais 28 jours pour régulariser la situation.
Deux amendes venues d’une autre époque
À 42 ans, Robert Scott vit à Canberra, la capitale australienne. En septembre 2026, il reçoit deux avis d’infraction d’un montant de 167 dollars australiens chacun, soit un total d’environ 124 000 FCFA.
Les documents concernent deux excès de vitesse présumés, enregistrés les 22 avril et 25 mai 2007 sur Hindmarsh Drive, au même carrefour. À cette époque, Robert avait une vingtaine d’années et effectuait régulièrement des trajets entre le domicile de ses parents et celui de sa petite amie.
Mais lui demander aujourd’hui de reconstituer deux déplacements vieux de dix-neuf ans relève d’un véritable exercice de mémoire. Il explique ne même plus être certain d’avoir possédé une voiture portant l’immatriculation mentionnée sur les contraventions.
Dix-neuf ans de silence administratif
Ce qui intrigue particulièrement l’Australien, c’est l’absence totale de signalement pendant toutes ces années.
Depuis 2007, il a possédé et immatriculé plusieurs véhicules, renouvelé ses documents et même fait l’objet de contrôles policiers. À aucun moment, affirme-t-il, les autorités ne lui ont parlé de ces deux amendes.
Il trouve également étrange que son permis n’ait jamais été suspendu si les contraventions étaient réellement restées impayées pendant près de vingt ans.
Interrogée sur cette situation, Access Canberra, l’administration chargée notamment des permis et des immatriculations dans le Territoire de la capitale australienne, avance une explication informatique.
Lorsque plusieurs comptes appartenant à un même usager sont fusionnés, ou lorsque ses coordonnées sont actualisées, le système peut automatiquement réémettre d’anciennes correspondances restées en attente. Des procédures existent normalement pour éviter que des documents historiques ne soient ainsi renvoyés, mais elles ne fonctionnent pas toujours comme prévu.
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Dix-neuf ans pour réclamer, 28 jours pour répondre
L’aspect le plus singulier de l’affaire réside dans ce décalage temporel. Après presque deux décennies de silence, Robert Scott se retrouve soumis au délai administratif habituel : 28 jours pour payer, demander un aménagement ou contester les contraventions.
Son histoire attire notamment l’attention de Hayder Shkara, directeur du cabinet d’avocats Fourtree Lawyers. Celui-ci déconseille de régler automatiquement une amende aussi ancienne sans avoir préalablement obtenu l’historique complet du dossier.
La question ne concerne pas seulement les souvenirs défaillants du conducteur. Il faudrait également déterminer si les avis initiaux ont bien été établis, correctement notifiés et légalement maintenus pendant toutes ces années.
Autrement dit, une administration qui réclame une dette routière vieille de dix-neuf ans doit pouvoir en retracer le parcours.
Une affaire finalement classée
Robert Scott choisit de ne pas payer immédiatement et de faire examiner sa situation. La démarche lui donne finalement raison sur le plan administratif : les deux contraventions sont retirées.
L’Australien échappe ainsi au paiement des 334 dollars australiens réclamés pour deux infractions dont il n’a pratiquement plus aucun souvenir.
L’histoire laisse néanmoins une interrogation amusante : quelque part dans les archives informatiques de Canberra, deux excès de vitesse présumés auront attendu près de vingt ans avant de refaire surface. Leur destinataire, lui, n’aura eu besoin que de quelques jours pour les faire disparaître à nouveau.
La Rédaction

