France – Un violon disparu pendant l’exode de 1940 a refait surface, 84 ans plus tard, dans une vente aux enchères à Vichy. Fabriqué en 1905, l’instrument a finalement été restitué aux descendants de son ancien propriétaire, après une enquête mêlant archives historiques et recherches généalogiques. Une histoire étonnante qui s’est achevée à Paris, lorsque le violon a retrouvé sa voix devant ses héritiers.
Un instrument abandonné dans la fuite
Le violon sort en 1905 de l’atelier parisien Caressa & Français, sous le numéro 152. Il appartient d’abord à Eugène Paul Choubry, violoniste récompensé par un premier prix du Conservatoire de Paris, mort pendant la Première Guerre mondiale.
L’instrument revient ensuite à son beau-frère, Gabriel Girondelot, notaire dans la Marne. En juin 1940, l’avancée allemande contraint sa famille à fuir vers le sud de la France, abandonnant une partie de ses biens dans deux châteaux, dont cinq violons.
À son retour, Gabriel Girondelot constate la disparition des instruments. En 1945, il déclare leur vol auprès de la Commission de récupération artistique. Le violon est inscrit dans les registres des biens spoliés pendant la guerre, mais demeure introuvable pendant plusieurs décennies.
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Une découverte inattendue aux enchères
En décembre 2024, l’instrument réapparaît dans le catalogue d’une vente aux enchères organisée à Vichy. Son origine et son numéro d’atelier permettent de le rapprocher du violon signalé disparu en 1945.
Alertés, les organisateurs retirent immédiatement l’objet de la vente. L’association Musique et spoliations engage alors une enquête avec le ministère français de la Culture et le Musée de la musique.
Les chercheurs consultent les archives, les registres de luthiers et les documents historiques afin de confirmer son identité. Une recherche généalogique permet ensuite de retrouver les descendants de Gabriel Girondelot, dont son arrière-petite-fille Clémence Houdart.
Selon l’association et le ministère de la Culture, cette restitution constitue une première publique en France pour un instrument de musique depuis les années 1960.
Le violon retrouve sa famille et sa musique
La cérémonie de restitution se déroule à Paris, au magasin de musique Paul Beuscher. Après restauration, le violon est joué par Sarah Dayan, accompagnée du pianiste David Kadouch.
Pour les héritiers, cette découverte fait ressurgir une histoire familiale marquée par deux guerres mondiales. L’instrument rappelle autant le parcours du musicien Eugène Paul Choubry que l’exode de Gabriel Girondelot en 1940.
La famille décide toutefois de remettre le violon aux enchères, des contraintes juridiques rendant sa conservation difficile.
Si les circonstances exactes de sa disparition restent inconnues, son identification a permis de réparer une injustice patrimoniale vieille de plusieurs générations.
Il aura fallu 84 ans, un numéro d’atelier et une vente aux enchères pour que ce violon retrouve enfin ses propriétaires légitimes. Après des décennies d’absence, sa première mélodie publique devant les descendants de Gabriel Girondelot aura donné à cette restitution une dimension particulièrement émouvante.
La Rédaction

