Le 20 décembre, des milliers de personnes se sont rassemblées à Sweida, capitale de la communauté druze du sud de la Syrie, pour célébrer la chute du régime de Bachar al-Assad. Cette ville, bastion druze et zone relativement préservée des violences directes sous le régime, vit aujourd’hui une transition marquée par des espoirs et des incertitudes.
Sous Assad, les Druzes ont pu jouir d’une certaine protection, loin des bombardements et des arrestations arbitraires qui ont défiguré d’autres régions du pays. Cependant, cette relative sécurité a été obtenue au prix de leur isolement, tant sur le plan politique que social, les coupant du reste de la Syrie. La chute du président syrien le 8 décembre dernier marque un tournant pour cette communauté, qui redoute les conséquences d’un changement de pouvoir.
Dans les rues de Sweida, décorées pour les fêtes de Noël, des femmes déambulent sans hijab, tandis que des bars servent du vin chaud. La ville, souvent perçue comme un bastion de liberté, semble vivre un moment de transition tranquille en surface. Pourtant, sous cette apparente sérénité, une méfiance grandissante s’installe, notamment à l’égard des groupes islamistes tels que Hayat Tahrir al-Cham (HTS), dirigé par le radical Al-Joulani.
Les Druzes, profondément attachés à leur foi et à leur autonomie, craignent que la montée en puissance de tels groupes ne menace leur mode de vie distinct et leurs libertés. Si la chute d’Assad a éveillé des espoirs de changement, elle n’a pas dissipé les craintes que les nouveaux pouvoirs, potentiellement dominés par des factions islamistes, ne les prennent en étau.
La communauté druze, fidèle à ses principes de neutralité et de préservation, affirme qu’elle ne rendra pas ses armes tant que la sécurité et la liberté ne seront pas garanties. Cette déclaration reflète la détermination des Druzes à protéger leur territoire et leur identité face à un avenir incertain.
À Sweida, la fête cède peu à peu la place à une grande défiance. Les Druzes sont prêts à défendre ce qu’ils considèrent comme des libertés fondamentales, mais la question demeure : quel sera l’avenir de cette communauté au cœur d’une Syrie en pleine recomposition ?
La Rédaction

