Groenland – Une caméra à 360 degrés posée quelques instants sur la neige, un chien de traîneau manifestement intrigué et une équipe de journalistes soudain privée de matériel : il n’en fallait pas davantage pour transformer un reportage en scène de comédie. Durant une mission de l’Associated Press dans le cercle arctique, l’un des chiens filmés s’est emparé d’une caméra d’une valeur d’environ 700 dollars, soit près de 390 000 FCFA, avant de partir avec son nouveau jouet. L’animal avait cependant commis une erreur digne des voleurs les moins expérimentés : il avait lui-même déclenché l’enregistrement, laissant derrière lui les images de toute son escapade.
Une disparition au milieu de la neige
L’équipe de l’Associated Press travaillait auprès de conducteurs de traîneaux lorsqu’elle s’est aperçue que l’une de ses caméras avait disparu. La journaliste Emma Burrows et le photographe qui l’accompagnait ont d’abord cherché autour du lieu où l’appareil avait été déposé, sans retrouver la moindre trace du matériel.
La présence de plusieurs chiens à proximité a rapidement orienté les soupçons. Certains animaux avaient été aperçus en train de s’éloigner de l’endroit où la caméra se trouvait quelques minutes auparavant. Les journalistes ont donc poursuivi leurs recherches près des traîneaux, dans la neige et la pénombre arctique.
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Le voleur avait laissé sa propre preuve vidéo
La caméra a finalement été retrouvée au sol, portant quelques traces de dents. En examinant son contenu, l’équipe a découvert que le chien avait accidentellement appuyé sur le bouton d’enregistrement en saisissant l’appareil dans sa gueule.
La séquence montre ainsi le museau de l’animal en très gros plan, ses crocs autour de la caméra, puis sa course au milieu des autres chiens. L’objectif à 360 degrés restitue l’aventure depuis un point de vue rarement proposé au spectateur : celui du butin lui-même, brinquebalé au rythme des foulées de son ravisseur.
Après avoir mordillé l’appareil comme un jouet particulièrement coûteux, le chien l’a transporté jusqu’à un traîneau, sous lequel il a tenté de le dissimuler. Il l’a heureusement ressorti, permettant aux journalistes de le repérer. Sans cette dernière initiative, le matériel aurait pu rester longtemps enfoui sous la structure ou disparaître sous la neige.
Une caméra malmenée, mais encore utilisable
Malgré les coups de crocs et le traitement peu délicat infligé par l’animal, la caméra a survécu à l’expérience. Les dégâts semblaient principalement limités à son revêtement extérieur, marqué par quelques empreintes dentaires, tandis que l’objectif et l’enregistrement étaient restés exploitables.
Le chien n’avait probablement aucune intention de voler du matériel journalistique. Pour lui, l’appareil compact posé dans la neige ressemblait surtout à un objet inhabituel, facile à saisir et suffisamment résistant pour devenir un jouet improvisé.
Son geste a néanmoins offert à l’équipe des images qu’aucun cadreur n’aurait pu planifier : une fuite filmée par son propre auteur, depuis l’intérieur de sa gueule.
Un apprenti cinéaste devenu viral
Diffusée par l’Associated Press au début de février 2026, la vidéo a rapidement circulé sur les médias et les réseaux sociaux. Le contraste entre le sérieux d’un reportage mené sous les conditions difficiles de l’Arctique et la désinvolture du chien, occupé à mâchonner une caméra professionnelle, a largement contribué au succès de la séquence.
L’animal aura finalement échoué dans sa tentative de dissimulation, mais réussi une performance autrement plus remarquable : tourner, sans assistance humaine, son propre film d’action. Pour l’équipe de journalistes, l’incident restera sans doute une leçon simple à retenir : au Groenland, mieux vaut surveiller son matériel, surtout lorsque de curieux assistants à quatre pattes rôdent autour des traîneaux.
La Rédaction

