New Delhi, capitale indienne, est en proie à une crise de pollution de l’air sans précédent. Alors que les ambassades s’adaptent et que les expatriés se réfugient ailleurs, la qualité de l’air contraint tant les locaux que les étrangers à prendre des décisions drastiques, comme le rapporte The Indian Express et Business Standard.
L’indice de qualité de l’air (IQA) de la ville dépasse fréquemment les 400, bien au-delà des seuils jugés mauvais (50), obligeant les habitants et les expatriés à réagir face à cette situation critique. Face à la dangerosité de l’air, certains choisissent de quitter temporairement la ville, tandis que d’autres, ne pouvant plus supporter cette menace constante, prennent la décision de partir définitivement. Cependant, les solutions structurelles à cette crise se font toujours attendre.
De nombreux expatriés organisent des séjours dans des régions moins polluées, comme Goa ou les stations de montagne, pour échapper aux pics de pollution. Les ambassades ont, elles aussi, pris des mesures pour protéger leurs employés. L’ambassade des États-Unis, par exemple, a créé un conseil de la qualité de l’air, installé des capteurs dans ses véhicules et permis le télétravail. Des démarches similaires ont été entreprises par les ambassades suisse et britannique.
Cette crise touche également la population locale. Plusieurs résidents cherchent refuge dans des villes moins polluées, comme Goa, pour échapper aux dangers de l’air irrespirable. Cependant, pour beaucoup, l’exil reste un luxe difficile à envisager. Les personnes âgées ou en mauvaise santé, comme l’explique Jyoti Pande Lavakare, auteure de Breathing Here Is Injurious to Your Health (2020), doivent se contenter de vivre repliées dans des espaces protégés de l’air pollué, faute de pouvoir fuir.
Un médecin senior de l’All India Institute of Medical Sciences (AIIMS) a même conseillé aux habitants de fuir Delhi si possible, dans l’espoir d’éviter les lourdes conséquences sanitaires de la pollution. À Gurgaon, banlieue de New Delhi, les communautés japonaise et coréenne se montrent particulièrement affectées. Kenji Hirose, un chef cuisinier japonais, souligne que la pollution à Tokyo a été efficacement maîtrisée grâce à des mesures rigoureuses et suggère que l’Inde devrait s’inspirer de la Chine, qui a réussi à améliorer la qualité de son air. De son côté, Kodai Miyao, un traducteur japonais, témoigne des effets dramatiques de la pollution sur sa santé, l’amenant à voir son asthme se transformer en pneumonie. De plus en plus d’expatriés japonais et coréens rentrent dans leurs pays pendant l’hiver, lorsque la pollution atteint son apogée.
Alors que les écoles ferment et que le télétravail devient une norme, les solutions de fond restent absentes. Pour beaucoup, la situation est perçue comme une tragédie annuelle : chaque hiver, la pollution devient un problème central, mais après la saison froide, les autorités semblent ignorer la gravité de la situation. La pollution de Delhi ne se limite pas à une crise sanitaire, elle accentue également les fractures sociales, offrant un air pur à ceux qui ont les moyens de fuir, tandis que les autres, plus vulnérables, continuent de subir les effets d’une situation de plus en plus intolérable.
La pollution de l’air à New Delhi n’est pas un phénomène récent, mais depuis les festivités de Diwali fin octobre, la capitale est enveloppée d’un smog dense, saturé de particules fines, rendant l’air presque irrespirable. La ville se débat avec cette menace invisible, mais les solutions à long terme restent hors de portée, et la situation continue de se détériorer.
La Rédaction

