À Londres, les chevaliers ont abandonné leurs chevaux pour des vélos électriques. Le 31 octobre 2026, deux artistes britanniques ont transformé le parc London Fields en arène médiévale, organisant une joute spectaculaire sur des bicyclettes en libre-service. Derrière cette confrontation improbable, une démarche artistique et solidaire qui entend remettre les rencontres humaines au centre du spectacle.
Des chevaliers à vélo dans un parc londonien
Armés pour une joute et installés sur des vélos Lime, Cameron Carnegie-Brown et Jack Carden s’élancent l’un vers l’autre sous les regards de plusieurs dizaines de spectateurs. Le décor appartient au Londres contemporain, mais la scène évoque les tournois du Moyen Âge.
Les deux artistes ont remplacé les montures traditionnelles par ces vélos électriques que les Londoniens utilisent quotidiennement pour leurs déplacements. Le contraste entre l’imaginaire chevaleresque et la mobilité urbaine donne à leur performance son caractère insolite.
L’événement n’est pas une première. Une précédente joute, organisée le 17 octobre, avait déjà rencontré un succès inattendu sur TikTok, où sa vidéo avait dépassé deux millions de vues.
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Un spectacle gratuit contre une société trop artificielle
Pour les organisateurs, cette confrontation ne se limite pas à une plaisanterie. Leur ambition est de proposer une expérience collective, gratuite et accessible, tout en recueillant des fonds pour cinq associations caritatives.
Les artistes souhaitent également défendre une forme de spectacle vivant à une époque où les contenus numériques et les productions artificielles occupent une place grandissante.
Gareth Henry, acteur et cascadeur participant à l’événement comme écuyer, insiste sur l’importance de vivre une expérience réelle, partagée directement avec d’autres personnes.
Cameron Carnegie-Brown défend cette même philosophie : permettre aux spectateurs de se retrouver autour d’un moment inattendu, sans billet d’entrée ni démarche commerciale.
Lime apprécie l’humour, beaucoup moins la joute
Cette réinterprétation des traditions médiévales n’a cependant pas entièrement convaincu Lime, propriétaire des vélos utilisés.
Après la première représentation, l’entreprise a rappelé que ses bicyclettes n’étaient pas conçues pour servir de montures lors de joutes, tout en reconnaissant avec humour l’esprit médiéval de l’initiative.
Conscients des risques, les organisateurs ont prévu un encadrement du public et la présence de professionnels de santé. L’emplacement précis de la seconde joute n’a été communiqué que deux heures avant son commencement aux personnes inscrites.
À Londres, ces artistes ont ainsi réussi à transformer un équipement de transport quotidien en accessoire de spectacle. Une rencontre inattendue entre chevalerie médiévale, art contemporain et vélos électriques, où l’essentiel n’était finalement pas de remporter le tournoi, mais de rassembler les spectateurs.
La Rédaction

