Le président angolais João Lourenço a investi des millions de dollars dans des cabinets de lobbying à Washington, espérant placer son pays au cœur des priorités des États-Unis. Cette stratégie, bien que coûteuse, semble avoir porté ses fruits : l’Angola est devenu un des rares pays africains à captiver l’attention de la capitale américaine.
Un succès stratégique
L’Angola a récemment bénéficié d’un regain d’intérêt de la part des États-Unis. La Maison-Blanche a salué les progrès accomplis dans sa relation avec le pays, citant des prêts importants, des partenariats stratégiques et une coopération exemplaire face à l’influence chinoise en Afrique.
Le corridor de Lobito illustre cette dynamique. Ce projet ambitieux vise à connecter la côte angolaise aux riches gisements de cuivre et de cobalt de Zambie et de la République démocratique du Congo via un réseau modernisé de 1 700 km de chemin de fer, complété par des infrastructures numériques et énergétiques. Soutenu par des financements américains, ce corridor symbolise une réponse directe à l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie.
Washington a également facilité des opportunités pour les entreprises américaines, autrefois prudentes face au marché africain, en les insérant dans cette initiative. Ce succès a même poussé Joe Biden à annoncer une visite en Angola, unique destination africaine de son mandat.
Tempêtes et incertitudes
Cependant, ces avancées sont désormais menacées. Un ouragan a contraint Biden à reporter son voyage à Luanda, mais c’est surtout la défaite des démocrates lors des dernières élections qui fragilise la position de l’Angola. Avec Donald Trump de retour au pouvoir, la visite de Biden prévue en décembre pourrait devenir un poids politique pour le pays.
Trump, connu pour démanteler les politiques de ses prédécesseurs, pourrait cibler le corridor de Lobito, vu comme une réalisation emblématique de Biden. Bien que l’aspect stratégique du projet – rivaliser avec la Chine – plaise à certains républicains, Lourenço devra redoubler d’efforts pour présenter cette initiative comme non affiliée à l’administration sortante.
Un avenir incertain
La visite de Biden en Angola pourrait paradoxalement nuire à la pérennité du corridor de Lobito. Lourenço se trouve dans une position délicate : maintenir l’élan de coopération avec les États-Unis tout en s’adaptant aux priorités d’un gouvernement républicain moins prévisible.
Le corridor de Lobito incarne une vision prometteuse pour l’Afrique australe, mais son avenir dépendra de la capacité de l’Angola à naviguer dans les eaux troubles de la diplomatie américaine post-électorale.
La Rédaction

