Le transfert de souveraineté des Chagos à Maurice reste suspendu entre promesses bilatérales et intérêts stratégiques des alliés occidentaux
Contexte et enjeux diplomatiques
Le Comité interministériel sur l’archipel des Chagos, dirigé par le Premier ministre Navin Ramgoolam, s’est réuni récemment pour évaluer les retards dans l’application du traité signé le 22 mai 2025 avec le Royaume-Uni et l’impact des tensions au Moyen-Orient sur la région. L’accord prévoit le transfert progressif de souveraineté à Maurice, tout en maintenant un bail pour la base militaire américaine de Diego Garcia.
Le comité a exprimé sa vive préoccupation face à l’absence de calendrier clair pour l’entrée en vigueur du traité et a souligné que la présence d’individus non autorisés sur certaines îles entrave le processus de réinstallation ordonnée.
Pressions américaines sur Diego Garcia
Selon plusieurs sources diplomatiques, Washington aurait demandé au Royaume-Uni de ne pas céder la base de Diego Garcia, jugée stratégique pour les opérations militaires au Moyen-Orient et l’Indo-Pacifique. Cette demande complique l’application du traité et retarde la restitution effective de l’archipel à Maurice. Le comité mauricien a ainsi rappelé que l’accord doit être respecté, tout en prenant en compte les obligations internationales du Royaume-Uni et les pressions de ses alliés.
Consultation de la communauté chagossienne
Comme à l’accoutumée, les représentants de la communauté chagossienne ont été consultés après la réunion. La délégation, conduite par Olivier Bancoult, a salué l’inclusion de la communauté dans les discussions et a insisté sur l’importance de suivre de près la mise en œuvre de l’accord. Bancoult a souligné que le gouvernement s’est engagé à prendre les mesures nécessaires pour résoudre les obstacles actuels.
Débats au Parlement britannique
À Westminster, le dossier reste un sujet de débat intense. Le député Andrew Rosindell a critiqué la cession projetée, soulignant les enjeux militaires et stratégiques liés à Diego Garcia. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu l’accord, précisant que les bases britanniques continueraient d’être utilisées uniquement à des fins défensives et que Londres ne participait pas aux frappes offensives menées par les États-Unis ou Israël.
Perspectives régionales
L’archipel des Chagos illustre la complexité des enjeux de souveraineté dans l’océan Indien, mêlant droits historiques, intérêts militaires et pressions internationales. Pour Maurice, la priorité reste de sécuriser l’application du traité tout en assurant la participation effective de la communauté chagossienne. Pour le Royaume-Uni, la gestion de Diego Garcia et les relations avec Washington imposent une vigilance constante.
La Rédaction

